A.38. Ave Imperatrix

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Ave Imperatrix
(Ecrit à l’occasion de la tentative d’assassinat de la Reine Victoria en mars 1882)

Paru dans le journal du collège de Kipling, c'est le plus ancien poème qui sera publié > Early Verses.
L’auteur de la tentative d’assassinat, déclaré coupable mais fou pendant son procès avait justifié son geste par une réponse trop sommaire ou brusque de la Reine à un de ses poèmes.
Le poème est inspiré d’une œuvre du même titre d’Oscar Wilde
.
Ce poème fait partie de la sélection A Choice of Kipling's Verse de T.S. Eliot


Traduction : —André Chevrillon La Poésie de Rudyard Kipling Revue des Deux Mondes, 6e période, tome 57, 1920. (voir plus bas)
— en vers de J. Castier, Kipling, Poèmes choisis par T.S. Eliot, Robert Laffont 1949 (voir plus bas)



Ave Imperatrix

De chaque partie de votre royaume,
Ils rendent grâce à Dieu qui a détourné
La mort et la main du malheureux fou,
Chargée de mort qui vous menaçait ce jour-là.

Une école parmi tant d'autres, créée pour former
Des hommes qui tiendront pour leur devoir le plus cher
De se battre pour leur souverain,
Et de risquer leur vie dans le combat,

Envoie ses salutations humbles et sincères —
Même si les vers sont grossiers, pauvres et médiocres —
À vous, la plus grande et la plus chère —
Victoria, par la grâce de Dieu, notre Reine !

Un salut tel qu’il doit venir de ceux
Dont les pères ont affronté les hordes de Cipayes,
Ou vous ont servi dans les neiges Russes,
Et, mourant, ont laissé leurs épées à leurs fils.

Et certains d'entre nous ont déjà combattu pour vous
Dans les cols Afghans —
Ou là où s'élevaient les discrets volutes de fumée
Des tireurs Boers dans l'herbe ;

Et tous sont élevés pour accomplir votre volonté
Sur terre et sur mer — partout où flotte
Le Drapeau, pour combattre et vous suivre toujours,
Et œuvrer à la destinée de votre Empire.

Une fois encore, nous vous saluons, bien qu'invisible
Soit notre salut, et lent à venir.
Faites-nous confiance, ô Reine, si la nécessité se présente,
Nous ne tarderons pas à frapper !

§§§§§§§§§§§§§§§§§§§

Traduction d'André Chevrillon La Poésie de Rudyard Kipling Revue des Deux Mondes, 6e période, tome 57, 1920. Ecrivain, Professeur et académicien, Chevrillon propose un essai sur la poésie de Kipling dans laquelle il donne quelques très bonnes traductions commentées, souvent fragmentaires, présentées comme reproduit ici :

"Ave imperatrix ;… l’hommage que te doivent ceux-là, — dont les pères ont fait face aux hordes des cipayes, — ou t’ont servie dans les neiges russes, — et puis, mourant, léguèrent à leurs fils leurs épées. — Déjà plusieurs des nôtres se sont battus pour loi, — dans la passe afghane ou bien dans le Veldt, — où, presque invisibles, les boules de fumée — jaillissaient des fusils boers.
Et tous sont formés pour obéir à tes ordres, — sur terre, sur mer, en tous lieux où vole le drapeau, — pour lutter et pour suivre à leur tour — et accomplir les destinées de ton Empire…"


§§§§§§§§§§§§§§§§§§§

Traduction en vers de J. Castier, Kipling, Poèmes choisis par T.S. Eliot, Robert Laffont 1949

AVE IMPERATRIX!
(Écrit à l'occasion d'une tentative d'assassinat de la Reine Victoria, en mars 1882.)

Du fond de tous les coins de tes terres, partout,
Monte un péan à Dieu, qui a su détourner
La mort, avec la main du misérable fou
Qui, tout armé de mort, t'a voulu menacer.

Une école parmi tant d'autres où s'entraîne
La race de ceux-là dont le plus cher ébat
Est de combattre pour leur fière souveraine
Et de risquer leur être en ce vaillant combat,

T'adresse tous ses vœux, bien humbles, bien sincères, —
Quoique son vers soit rude, indigent, et rugueux, —
A toi, notre plus grande et certes la plus chère,
Victoria, la Reine, par grâce de Dieu!

Vœux que doivent t'offrir ceux-là, sans argutie,
Dont le père affronta les hordes de Cipayes,
Ou bien qui, te servant aux neiges de Russie,
A laissé, en mourant, à leurs fils leur épée.

Et certains d'entre nous se sont déjà battus
Pour toi, aux défilés, contre l'Afghan superbe, —
Ou là où s'élevait, en flocons entrevus,
La fumée des Boërs tirant, tapis dans l'herbe.

Ils sont tous entraînés à faire ton vouloir
Sur terre ou bien sur mer, partout où flotte et vire
Le Drapeau, à combattre, à suivre leur devoir,
A travailler toujours aux fins de ton Empire!

Nous te saluons donc, bien que nos vœux amènes
Soient cachés, et bien lents à parvenir partout.
Aie confiance en nous, car, s'il le faut, ô Reine,
Nous ne tarderons pas à frapper notre coup !

§§§§§§§§§§§§§§§§§§§


Ave Imperatrix
(Written on the occasion of
the attempt to assassinate
Queen Victoria in March 1882)

From every quarter of your land
They give God thanks who turned away
Death and the needy madman’s hand,
Death-fraught, which menaced you that day.

One school of many made to make
Men who shall hold it dearest right
To battle for their ruler’s sake,
And stake their being in the fight,

Sends greeting humble and sincere—
Though verse be rude and poor and mean—
To you, the greatest as most dear—
Victoria, by God’s grace Our Queen!

Such greeting as should come from those
Whose fathers faced the Sepoy hordes,
Or served you in the Russian snows,
And, dying, left their sons their swords.

And some of us have fought for you
Already in the Afghan pass—
Or where the scarce-seen smoke-puffs flew
From Boer marksmen in the grass;

And all are bred to do your will
By land and sea—wherever flies
The Flag, to fight and follow still,
And work your Empire’s destinies.

Once more we greet you, though unseen
Our greeting be, and coming slow.
Trust us, if need arise, O Queen,
We shall not tarry with the blow!

Une réponse à « A.38. Ave Imperatrix »

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