Vœux de saison (1886)
Civil and Military Gazette
Le poème n’a pas été publié par Kipling.
Il s’agit de voeux assez particuliers pour la nouvelle année. Je ne sais pas si un journaliste pourrait publier ce genre de texte aujourd'hui.
« Te morituri salutant ! » (<latin) Salut des gladiateurs dans l’arène avant le combat « Ceux qui vont mourir te saluent »
Vœux de saison
Il vint par une nuit d’hiver—
Notre Souverain—le plus jeune fils du Temps,
Et nous avons assassiné son prédécesseur,
Dans la fête, le tumulte et la joie.
« Te morituri salutant ! »
« Oh ! quelles sont vos décisions ? » avons-nous crié.
« Et quelle est votre politique à notre égard ? »
Et notre bébé Roi a répondu :
Mon peuple ! Certaines chaises se videront ;
Et divers berceaux se rempliront ;
Et diverses passions s’évanouiront ;
Et les espoirs et les cœurs se refroidiront
Avant que je ne vous quitte en décembre prochain. »
(Notre souverain fit une pause et sourit,
Et les yeux du terrible Père
Regardèrent depuis le visage de l’Enfant.)
Certains vœux seront faits puis rompus,
et les femmes et les hommes mentiront ;
et l'envie, la haine et la malveillance
prospéreront jusqu'à ma mort.
Et l'amour éternel périra,
avant même que la moitié de mon règne ne soit écoulée,
et mille bonnes résolutions
fondront comme neige au soleil. »
Puis nous dressâmes les tables pour festoyer
Et fîmes sonner les grandes cloches ;
Et réclamâmes à grands cris la largesse
Des mains de notre généreux Roi.
De riches noix aux édentés il donna ;
De la viande dure aux vieux et aux faibles —
Le don d'une vue déclinante —
Le don d'une joue flétrie.
De hautes espérances, de nobles aspirations,
Qui nous enfoncèrent profondément dans la boue ;
De belles visions d'occasions perdues depuis longtemps ;
Les dons d'un désir vain.
Il nous dota richement de savoir,
Pour pleurer les péchés de notre jeunesse,
Et nous donna le don d'aimer,
quand le temps d'aimer était passé.
Et nous serrâmes ses dons contre nos poitrines,
Nous festoyâmes et fîmes bonne chère ;
Nous saisîmes les mains de nos voisins
Et leur souhaitâmes :—« Une Bonne Année ».
The Compliments of the Season
1
He came in the winter midnight—
Our Ruler—Time's youngest boy,
And we murdered his predecessor,
With revel and riot and joy.
2
'Te morituri salutant!'
Oh! what are your measures?' we cried.
'And what is your policy usward?'
And our baby King replied:—
3
'My people! Some chairs will empty;
And sundry cradles will fill;
And divers passions will vanish;
And hopes and hearts will chill
4
Ere I quit you in next December.'
(Our Ruler paused and smiled,
And the eyes of the terrible Father
Looked out from the face of the Child.)
5
'Some vows will be plighted and broken
And women and men will lie;
And envy and hatred and malice
Will thrive apace till I die.
6
And Loves Eternal will perish,
Ere half of my reign be done,
And a thousand good resolutions
Will melt like snow in the sun.'
7
Then we spread the tables for feasting
And made the great bells swing;
And clamoured aloud for largesse
At the hands of our generous King.
8
Rich nuts to the toothless gave he;
Strong meats to the aged and weak—
The gift of a fading eyesight—
The gift of a withered cheek.
9
High hopes, brave aspirations,
That sank us deep in the mire;
Fair visions of long–lost chances;
The gifts of a vain desire.
10
He dowered us richly with knowledge,
The sins of our youth to mourn,
And gave us the gift of loving,
When the time for loving was gone.
11
So we hugged his gifts to our bosoms,
And feasted and made good cheer;
And we grasped the hands of our neighbours,
And wished them:—'A Happy New Year'.
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