C.41. The Comforters

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                                                  Les Consolateurs (1917)

A Diversity of Creatures
Le poème clôt la nouvelle
The Dog Hervey, une étrange histoire de chien qui est peut-être plus qu’un chien. La critique considère la nouvelle comme l’une des plus énigmatiques de Kipling, à la limite du psychologique et du fantastique. C’est peut-être dans la complexité du lien émotionnel quand il vient à manquer que la nouvelle et le poème se répondent.
Poème surprenant qui attaque ceux qui veulent consoler. On peut penser qu’en 1917, Kipling inconsolable de la mort de son fils en septembre 1915 au front, mort dont on l’a tenu pour responsable,est bien placé pour donner quelques utiles conseils aux consolateurs. Cette terrible constatation est d'expérience : " il n'y a pas de calmant pour la douleur
À part le choc qu'elle provoque."

Traduction dans La Pléiade 4


Les consolateurs

Jusqu’à ce que tes pieds aient foulé la Route,
Ne conseille pas ceux qui sont au bord du chemin,
Et jusqu’à ce que ton dos ait porté la Charge,
N’interrompt pas les malheureux

Ne poursuis pas avec une générosité indésirable
Le cœur compatissant
Qui, connaissant sa propre amertume,
Prétend vivre à l'écart.

N'utilise pas cette main joyeuse pour relever
La tête oubliée de Dieu
Vers le ciel, et tous les regards des voisins —
Couvre plutôt ta bouche.

Le menton tremblant, la lèvre mordue,
Le front froid et moite,
Peuvent plus tard aspirer à la compagnie —
Pas maintenant, imbécile, pas maintenant !

Le Temps, et non ton discours si opportun,
La vie, et non tes opinions à son sujet,
Fourniront ou refuseront à chacun
Sa consolation.

Ou, si tu es poussé à intervenir,
À exhorter, à encourager, à conseiller,
Ne prête pas une oreille perfide et traîtresse
À tous les cris de la victime.

Seul le Seigneur peut comprendre
Quand ces premières douleurs commencent,
Combien il s'agit d'un réflexe et
Combien il s'agit réellement de péché.

Même de bonnes paroles, retiens-toi,
Et admets en tremblant
Qu'il n'y a pas de calmant pour la douleur
À part le choc qu'elle provoque.

Ainsi, quand ta propre heure sombre viendra,
Tu pourras dire sans être contesté :
« Je ne t'ai jamais inquiété,
Pour l'amour de Dieu, va-t'en ! »


The Comforters

Until thy feet have trod the Road
Advise not wayside folk,
Nor till thy back has borne the Load
Break in upon the broke.

Chase not with undesired largesse
Of sympathy the heart
Which, knowing her own bitterness,
Presumes to dwell apart.

Employ not that glad hand to raise
The God-forgotten head
To Heaven, and all the neighbours’ gaze—
Cover thy mouth instead.

The quivering chin, the bitten lip,
The cold and sweating brow,
Later may yearn for fellowship—
Not now, you ass, not now!

Time, not thy ne’er so timely speech,
Life, not thy views thereon,
Shall furnish or deny to each
His consolation.

Or, if impelled to interfere,
Exhort, uplift, advise,
Lend not a base, betraying ear
To all the victim’s cries.

Only the Lord can understand
When those first pangs begin,
How much is reflex action and
How much is really sin.

E’en from good words thyself refrain,
And tremblingly admit
There is no anodyne for pain
Except the shock of it.

So, when thine own dark hour shall fall,
Unchallenged canst thou say:
“I never worried you at all,
For God’s sake go away!”

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