C.29. Christmas in India

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                                                 Noël en Inde (1886)

Pioneer > Departmental Ditties
Paru avec un titre de colonne :
Latter-Days Carols, et le titre : The dyspeptic in India. Dyspepsie : trouble de la digestion, associé traditionnellement à un caractère inquiet et pessimiste. Le texte décrit le Noël des anglais en Inde dans une vision particulièrement sombre de la colonisation et de l’Empire.

« Les baies blanches et rouges » le gui et le houx traditionnels
ghat: temple au bord du fleuve, où les corps sont brûlés selon le rite hindou, d'où la fumée…c’est là qu’on emmène « Celui qui a perdu tout espoir et toute crainte » inversion de la naissance de Jésus.
Heimweh : (<allemand) mal du pays, le mot allemand est couramment employé en anglais à cette époque, il signifie littéralement « Foyer-douleur » et désigne la souffrance des soldats mercenaires suisses loin de leur village. Le médecin suisse, Hofer donne un nom grec à cette maladie : nóstos (retour) + álgos (douleur) : nostalgie qui perd son sens lié à un lieu pour l’étendre plus généralement à ce qui est perdu. Kipling en double exilé « Indien » en Angleterre puis Anglais en Inde, ne choisit pas au hasard le mot allemand dans un poème où le mot «Home » renvoie tout à la fois au foyer (anglais), au pays et à la patrie. Comme il ne choisit pas par hasard les étranges Noël des pays chauds pour les européens comme symbole de l'Heimweh.
Version chantée : Mark Horning ( folk)

Noël en Inde

L'aube pâle derrière les tamaris — le ciel est jaune safran —
Alors que les femmes du village pilent le grain,
Et que les perroquets cherchent les berges, chacun appelant son compagnon,
Le Jour, l’éblouissant Jour oriental, est né.
Oh, la poussière blanche sur la route ! Oh, les puanteurs dans les ruelles !
Oh, le brouillard humide qui plane sur la terre !
Et au Pays, ils font la fête sous les baies blanches et rouges—
Quelle part les exilés en l'Inde ont-ils à leur joie ?

Plein jour derrière les tamaris — le ciel est bleu et éclatant —
Alors que le bétail rampe dans les champs sous le joug,
Et qu'ils portent sur le chemin des champs Celui qui a perdu tout espoir ou crainte,
Vers le ghat sous les volutes de fumée enroulées.
Invoquez Rama, en avançant lentement, tandis que vous portez un humble frère—
Invoquez Rama — il entendra, peut-être, votre voix !
Avec nos livres de hymnes et nos psautiers, nous faisons appel à d'autres autels,
Et aujourd'hui, nous invitons : " Bons chrétiens réjouissez-vous ! "

Midi derrière les tamaris — le soleil brûle au-dessus de nous —
.. Tandis qu’à la Maison, le jour de Noël se lève, pâle.
Ils trinqueront à notre santé au dîner — ceux qui nous disent combien ils nous aiment,
Et nous oublient jusqu'à l'année prochaine !
Ô labeur qui ne connait aucun répit ! Ô Heimweh, incessant, douloureux !
Ô Mer noire qui sépare et Plaine étrangère !
La jeunesse ne valait rien, c'est pourquoi nous l'avons vendue. L'or était bon, nous espérions le garder,
Et aujourd'hui, nous connaissons l'étendue de notre gain.

Crépuscule gris derrière les tamaris—les perroquets volent ensemble—
Alors que le soleil se couche lentement sur la Patrie ;
Et son dernier rayon semble se moquer de nous, liés à une corde à vie
Qui nous ramène en arrière, aussi loin que nous errions.
Dur son service, maigre sa paie— elle, dans ses vieux vêtements en lambeaux —
L'Inde, elle, la sinistre belle-mère de notre espèce.
Si une année de vie lui est prêtée, si nous entrons dans le sanctuaire de son temple,
La porte se ferme — nous ne pouvons pas regarder en arrière.

Nuit noire derrière les tamaris — les hiboux entament leur chant —
Tandis que les conques du temple hurlent et braient.
Avec les années stériles derrière nous et les années sans espoir devant nous,
Honorons, ô mon frère, le jour de Noël !
Déclarons une trêve à nos travaux, festoyons avec nos amis et nos voisins,
Et réjouissons-nous selon la coutume de notre caste ;
Car si « le rire est faible et forcé » et si la tristesse s'ensuit,
Nous sommes plus riches d'un Noël passé moqueur.


Christmas in India
1
Dim dawn behind the tamarisks—the sky is saffron-yellow—
As the women in the village grind the corn,
And the parrots seek the riverside, each calling to his fellow
That the Day, the staring Eastern Day, is born.
Oh the white dust on the highway! Oh the stenches in the byway!
Oh the clammy fog that hovers over earth!
And at Home they’re making merry ’neath the white and scarlet berry—
What part have India’s exiles in their mirth?
2
Full day behind the tamarisks—the sky is blue and staring—
As the cattle crawl afield beneath the yoke,
And they bear One o’er the field-path, who is past all hope or caring,
To the ghat below the curling wreaths of smoke.
Call on Rama, going slowly, as ye bear a brother lowly—
Call on Rama—he may hear, perhaps, your voice!
With our hymn-books and our psalters we appeal to other altars,
And to-day we bid “good Christian men rejoice!”
3
High noon behind the tamarisks—the sun is hot above us—
As at Home the Christmas Day is breaking wan.
They will drink our healths at dinner—those who tell us how they love us,
And forget us till another year be gone!
Oh the toil that knows no breaking! Oh the Heimweh, ceaseless, aching!
Oh the black dividing Sea and alien Plain!
Youth was cheap—wherefore we sold it. Gold was good—we hoped to hold it,
And to-day we know the fulness of our gain.
4
Grey dusk behind the tamarisks—the parrots fly together—
As the sun is sinking slowly over Home;
And his last ray seems to mock us shackled in a lifelong tether.
That drags us back how’er so far we roam.
Hard her service, poor her payment—she in ancient, tattered raiment—
India, she the grim Stepmother of our kind.
If a year of life be lent her, if her temple’s shrine we enter,
The door is shut—we may not look behind.
5
Black night behind the tamarisks—the owls begin their chorus —
As the conches from the temple scream and bray.
With the fruitless years behind us, and the hopeless years before us,
Let us honour, O my brother, Christmas Day!
Call a truce, then, to our labours—let us feast with friends and neighbours,
And be merry as the custom of our caste;
For if “faint and forced the laughter,” and if sadness follow after,
We are richer by one mocking Christmas past.



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