Chanson des enfants (1906)
Puck of Pook’s Hill
Termine la nouvelle : The Treasure and the Law commencée par le poème Song of the Fifht River
The Treasure and the Law raconte comment Kadmiel, un juif espagnol, découvre qu'un autre juif prévoyait de prêter de l'or au Roi Jean (sans terre). Cet or provient d'un trésor caché par le Roi Richard dans un puit du château de Pevensey. Kadmiel juge que cet or peut permettre au Roi Jean de résister aux Barons qui veulent limiter son pouvoir. Pour affaiblir Jean, Kadmiel dérobe et coule le trésor, Jean est contraint de signer la Magna Carta, la Grande Charte qui donne une Loi au royaume.
La chanson clôt la nouvelle et semble être chantée pour Dan et Una, les deux enfants qui servent de fil conducteur aux deux livres de Puck et à travers eux tous les enfants anglais.
Le poème clôt le recueil qui plus qu'un « roman national » célébrant une « race » est une réflexion sur la responsabilité et le sacrifice au service de la civilisation toujours menacée. On peut trouver quelques échos du célèbre If… dans The Children Song, écrit postérieurement, mais cette fois-ci sous forme de prière.
« race » devrait peut-être mieux être traduit par «peuple » plus proche sans doute du sens voulu par Kipling de communauté de civilisation et de culture, et non au sens biologique. J’ai choisi de le conserver car il est très probable que le sens ethnique puis biologique soit déjà une des connotations du mot à cette époque, même si ce n’est pas en première intention chez Kipling. Ainsi Kadmiel le juif espagnol « cosmopolite » illustre à la fois le stéreotype des banquiers juifs manipulant le monde en sous-main et l’homme qui sacrifie un trésor pour imposer une Loi plus juste au Roi et participer à la construction de l'Angleterre ; Kipling ne mérite pas d'être simplifié, comme ce poème de 1906 l'est encore parfois aujourd'hui.
Traductions : J.Vallette Puck, lutin de la colline, 1906. voir plus bas
J.C. Amalric, Puck, de la colline au Lutin, 1996, La Pléiade 3, p.793
« Apprends-nous à porter le joug dès notre jeunesse » citation de la Bible, Lamentations 3:27
« Aucun sacrifice indigne ou sans valeur » référence biblique sur la belle apparence et la bonne santé nécessaire des animaux sacrifiés.
Chanson des enfants
Terre Natale, nous te jurons
Notre amour et notre labeur pour les années à venir ;
Quand nous serons grands et prendrons notre place
En tant qu'hommes et femmes de notre race.
Père céleste qui nous aimes tous,
Oh, aide Tes enfants quand ils t'appellent ;
Afin qu'ils puissent bâtir, d'âge en âge,
Un héritage sans tache.
Apprends-nous à porter notre joug dès notre jeunesse,
Avec constance et droiture;
Afin que, le moment venu, Ta grâce puisse donner
La Vérité qui fait vivre les Nations.
Apprends-nous à toujours nous gouverner,
Maîtrisé et purs, nuit et jour ;
Afin que nous ne puissions offrir, si besoin est,
Aucun sacrifice indigne ou sans valeur.
Apprends-nous à Te considérer dans tous nos choix
Comme notre juge, et non nos amis ;
Afin que, avec Toi, nous puissions marcher sans plier
Devant la peur ou la faveur de la foule.
Apprends-nous la Force qui ne cherche pas,
En actes ou pensées, à blesser le faible ;
Afin que, sous Ton autorité, nous puissions posséder
La force de l'homme pour réconforter la détresse de l'homme.
Apprends-nous le plaisir des choses simples,
Et à connaître une joie dont les sources ne sont pas amères ;
Le pardon sans malveillance,
Et l'Amour pour tous les hommes sous le soleil !
Terre de notre naissance, notre foi, notre fierté,
Pour laquelle nos pères sont morts ;
Ô Patrie, nous te promettons
Notre tête, notre cœur et nos mains pour les années à venir !
§§§§§§§§§§§§§§§§
Traduction en vers de J.Vallette Puck, lutin de la colline, 1906.
CHANSON DES ENFANTS
O patrie, à toi sans retour
Tous nos efforts, tout notre amour :
Puissions-nous plus tard dans la race
Dignement tenir notre place.
Tendre père qui est au Ciel,
Entends de Tes enfants l’appel
Que nous accroissions d'âge en âge,
Sans le ternir notre héritage.
Jeunes, fais-nous ton joug porter
Avec Ferveur et loyauté,
Puis de tes leçons nous inspire,
Qui font la force des Empires.
Que jour et nuit maîtres de nous
Et purs nous nous gardions, jaloux
De Te servir avec justice,
Pleinement, jusqu’au sacrifice.
Qu’à Toi, non pas à nos amis,
Soient toujours nos desseins soumis ;
Qu’avec Toi nous allions sans crainte
De la foule et de ses contraintes.
Fais que notre vigueur toujours
Soit pour les faibles un secours ;
Emplis-nous de force sans haine
Virile en même temps qu’humaine.
Enchantés par d'humbles objets,
A rire sans aigreur sujets.
Donne-nous l’oubli des injures
Et l’amour de Ta créature.
Pays natal orgueil chéri
Pour qui nos pères ont péri,
A toi nos esprits, ô Patrie,
Nos cœurs et nos bras pour la vie !
§§§§§§§§§§§§§
The Children’s Song
1
Land of our Birth, we pledge to thee
Our love and toil in the years to be;
When we are grown and take our place
As men and women with our race.
2
Father in Heaven who lovest all,
Oh, help Thy children when they call;
That they may build from age to age
An undefiled heritage.
3
Teach us to bear the yoke in youth,
With steadfastness and careful truth;
That, in our time, Thy Grace may give
The Truth whereby the Nations live.
4
Teach us to rule ourselves alway,
Controlled and cleanly night and day;
That we may bring, if need arise,
No maimed or worthless sacrifice.
5
Teach us to look in all our ends
On Thee for judge, and not our friends;
That we, with Thee, may walk uncowed
By fear or favour of the crowd.
6
Teach us the Strength that cannot seek,
By deed or thought, to hurt the weak;
That, under Thee, we may possess
Man's strength to comfort man's distress.
7
Teach us Delight in simple things,
And Mirth that has no bitter springs;
Forgiveness free of evil done,
And Love to all men 'neath the sun!
8
Land of our Birth, our faith, our pride,
For whose dear sake our fathers died;
Oh, Motherland, we pledge to thee
Head, heart and hand through the years to be!
Laisser un commentaire