La colombe de Dacca (1893)
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Le poème est inspiré par une légende Hindou rapportée dans le livre du père de Kipling Beast and Man in India ; mythe du même type que les voiles noires ou blanches du retour de Thésée qui entraine le suicicde de son père Egée.
Le poème fait référence à la coutume du suicide rituel par le feu : Sati (Sutty/Suttee) historiquement attestée chez les femmes des guerriers rajpoutes se sacrifiant au dieu-feu Agni plutôt que d'être capturée par les envahisseurs musulmans. Dans le poème The Last Suttee, Kipling fait référence à une autre forme : l'immolation des veuves.
Traduction : sauf erreur ce poème n’a pas été traduit en français.
Rois musulmans : Empereur moghol Akbar( 1556-1605), il envahit le Bengale.
Gaur : Capitale du Bengale de 1450à 1575, abandonnée à cause de la peste, en ruine depuis.
Dacca ne fut pas détruite contrairement à ce que dit le poème, sans doute seulement le palais et devint la capitale du Bengale Moghol en 1608.
La colombe de Dacca
La colombe libérée s'envola vers la tour du Rajah —
Fuyant le carnage des rois musulmans —
Et les épines ont recouvert la ville de Gaur.
Colombe — colombe — ô colombe messagère !
Petite traîtresse blanche, avec le malheur sur tes ailes !
Le rajah de Dacca chevauchait sous les remparts ;
Il plaça dans son sein une colombe messagère —
« Si elle revient, soyez sûr que je suis tombé. »
Colombe — colombe — ô, colombe messagère !
Pressée contre son cœur au cœur de la bataille.
« Incendiez le palais, le fort et le donjon —
Ne laissez à l’ennemi aucun butin.
Dans les flammes du palais, allongez-vous et dormez
Si la colombe — si la colombe — si la colombe messagère
Vient, seule, au mur du palais. »
Les rois du Nord furent dispersés au loin —
Le rajah de Dacca les tua tous.
Encore brûlant du carnage, il s’accroupit au gué,
Et la colombe — la colombe — ô, la colombe messagère !
Elle pensa à son pigeonnier sur le mur du palais.
Elle ouvrit ses ailes et s'envola—
S'envola en battant des ailes, sans rappel possible;
Elle arriva au palais à l'aube.
Colombe… colombe… ô colombe messagère,
Volant si vite vers la chute d’un royaume !
Les Reines de Dacca s’endormirent dans les flammes —
S’endormirent dans les flammes du vieux palais —
Pour sauver leur honneur de la honte musulmane.
Et la colombe… la colombe… ô la colombe messagère,
Elle roucoula vers ses petits là où tourbillonnait le nuage de fumée !
Le rajah de Dacca chevaucha loin et vite,
poursuivi aussi vite qu’un cheval peut voler,
Il arriva et le palais était noir à ses pieds ;
Et la colombe — la colombe — la colombe messagère,
Tournait seule dans le ciel pur.
Ainsi la colombe vola vers la tour du rajah —
Fuyant le carnage des rois musulmans ;
Ainsi les épines recouvrirent la ville de Gaur,
Et Dacca fut perdue à cause des ailes d’une colombe blanche.
Colombe — colombe — ô, colombe messagère,
Dacca est rayée du Registre des Rois !
The Dove of Dacca
1
The freed dove flew to the Rajah’s tower—
Fled from the slaughter of Moslem kings—
And the thorns have covered the city of Gaur.
Dove—dove—oh, homing dove!
Little white traitor, with woe on thy wings!
2
The Rajah of Dacca rode under the wall;
He set in his bosom a dove of flight—
“If she return, be sure that I fall.”
Dove—dove—oh, homing dove!
Pressed to his heart in the thick of the fight.
3
“Fire the palace, the fort, and the keep—
Leave to the foeman no spoil at all.
In the flame of the palace lie down and sleep
If the dove—if the dove—if the homing dove
Come and alone to the palace wall.”
4
The Kings of the North they were scattered abroad—
The Rajah of Dacca he slew them all.
Hot from slaughter he stooped at the ford,
And the dove—the dove—oh, the homing dove!
She thought of her cote on the palace-wall.
5
She opened her wings and she flew away—
Fluttered away beyond recall;
She came to the palace at break of day.
Dove—dove—oh, homing dove,
Flying so fast for a kingdom’s fall!
6
The Queens of Dacca they slept in flame—
Slept in the flame of the palace old—
To save their honour from Moslem shame.
And the dove—the dove—oh, the homing dove,
She cooed to her young where the smoke-cloud rolled!
7
The Rajah of Dacca rode far and fleet,
Followed as fast as a horse could fly,
He came and the palace was black at his feet;
And the dove—the dove—the homing dove,
Circled alone in the stainless sky.
8
So the dove flew to the Rajah’s tower—
Fled from the slaughter of Moslem kings;
So the thorns covered the city of Gaur,
And Dacca was lost for a white dove’s wings.
Dove—dove—oh, homing dove,
Dacca is lost from the Roll of the Kings!
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