Un Chant de Noël (1900)
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Poème repris et légèrement remanié à la fin de la nouvelle The Tree of Justice, Rewards and Fairies sous le titre A Carol.
Titre alternatif : Lincolnshire Carol : poème liminaire de la nouvelle A Burgher of the Free State.
Il existe une version chantée
Carol : Chant traditionnel de Noël, Kipling reprend un certain nombre d’éléments de ces chants.
« Pauvres gens des Marais » : traduction de Fenmens, habitant des fens, marais de l’est de l’Angleterre.
Pirates : allusion aux raids vikings et saxons.
Traductions : Traduit par J. Vallette en 1930, voir plus bas.
Traduit en vers libres par J.C Amalric, la Pléiade 3 p.1232
Un chant de Noël
Notre Seigneur Qui ordonna au Bœuf
De s'agenouiller devant le roi de Juda,
Il recouvre la terre de Son gel
Pour qu’elle mûrisse au Printemps,
Pour qu’elle mûrisse au Printemps, messires,
Conformément à Sa Parole.
Ce qui doit être ainsi, comme vous le voyez,
Et qui jugera le Seigneur ?
Quand nous, pauvres gens des marais, patinons sur la glace
Ou grelottons dans la lande,
Nous entendons le cri d'un arbre solitaire
Qui se brise le cœur dans le froid —
Qui se brise le cœur dans le froid, messires,
Et se déchire de part en part.
Ce qui doit être ainsi, comme vous le voyez —
Et qui jugera le Seigneur ?
Son bois est fendu et ne vaut pas grand-chose,
Sauf pour brûler,
Afin que nous puissions nous réchauffer et nous réjouir
Jusqu'au retour du Printemps...
Jusqu'au retour du Printemps, messires,
Quand les chrétiens sortent dehors ;
Ce qui doit être ainsi, comme vous le voyez...
Et qui jugera le Seigneur ?
Que Dieu bénisse le maître de cette maison,
Et tous ceux qui y dorment !
Et protège les marais des pirates,
Et préserve-nous tous du péché,
Afin que nous suivions le droit chemin, messires,
Dans nos pensées, nos actes et nos paroles !
Ce qui sera réconfortant à l’heure dernière...
Et qui jugera le Seigneur ?
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Traduction de Jacques Vallette à la fin de la nouvelle L’Arbre de Justice, Retour de Puck, 1930. Réécrit en prose
NOËL
Notre seigneur, Qui commanda-t-au Bœuf d’adorer le Roi de Juda, il pose son gel sur la terre afin de la mûrir pour le Printemps— de la mûrir pour le Printemps, bon sieurs, conformément à Sa parole : vous voyez bien qu’il doit en être ainsi : qui peut juger notre Seigneur ?
Nous autres du marais, quand on patine et claque des dents sur la plaine, nous entendons le cri d’un arbre seul dont s’a brisé de froid le cœur, et l’aubier s’a fendu, vous voyez bien qu’il doit en être ainsi : qui peut juger notre Seigneur ?
Son bois tout vermoulu ne vaut pas cher et n’est bon qu’à bruler dans l’âtre pour nous chauffer et pour nous égayer avant que le printemps revienne —avant que vienne le printemps, bon sieurs, où l’on sort des chaumières ; vous voyez bien qu’il doit en être ainsi : qui peut juger Notre Seigneur ?
De ce logis que soit béni le maître, et ceux qui dorment sous son toit ;Dieu darde le marais de la gent pirate, et nous préserve du péché ; qu’il conduise dans le droit chemin, bons sieurs, nos pensers, nos actes, et qu’à la mort nous en ayons confort : qui peut juger notre Seigneur.
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A Carol
(also Lincolnshire Carol)
Our Lord Who did the Ox command
To kneel to Judah’s King,
He binds His frost upon the land
To ripen it for Spring—
To ripen it for Spring, good sirs,
According to His Word.
Which well must be as ye can see—
And who shall judge the Lord?
When we poor fenmen skate the ice
Or shiver on the wold,
We hear the cry of a single tree
That breaks her heart in the cold—
That breaks her heart in the cold, good sirs,
And rendeth by the board.
Which well must be as ye can see—
And who shall judge the Lord?
Her wood is crazed and little worth
Excepting as to burn,
That we may warm and make our mirth
Until the Spring return—
Until the Spring return, good sirs,
When Christians walk abroad;
Which well must be as ye can see—
And who shall judge the Lord?
God bless the master of this house,
And all who sleep therein!
And guard the fens from pirate folk,
And keep us all from sin,
To walk in honesty, good sirs,
Of thought and deed and word!
Which shall befriend our latter end . . .
And who shall judge the Lord?
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