Caroline Taylor(1889)
Poème de jeunesse non publié par Kipling.
Caroline Taylor est une des sœurs de Edmonia Hill chez qui Kipling réside pendant l'été 1889 en Pennsylvanie. Ils se sont fiancés pendant quelques mois.
Inspiré d’un poème de John Greeleaf Whittier Barbara Frietchie, également écrit en distique.
"Bon sang" : traduction de "Good Land" euphémisme de "Good Lord", expression américaine
M.D. : Docteur en médecine
Caroline Taylor
Caroline Taylor, pour le bien de sa Conscience,
Se rendit à la remise à outils et décrocha un râteau,
Décrocha un râteau alors que le soleil se couchait
Au-dessus des cheminées de Beavertown.
Sur le sentier, dans les gerbes murmurantes,
Le vent soufflait les feuilles d'automne.
Caroline Taylor, en grande détresse
Dit : « Bon sang, quel beau désordre ! »
Le robuste John, avec un clin d’œil malicieux
S'enfuit prestement vers Rochester.
Il se dit en filant sur la route :
« Maintenant, Mlle Carrie peut faire c’qu'elle veut. »
Caroline Taylor, pour le bien de sa conscience,
Se mit au travail avec ce satané râteau.
Elle balaya les détritus de l’allée et du parterre
Jusqu'à ce que ses mains lui fassent mal et que son visage soit rouge.
Au-dessus des cheminées de Beavertown,
Doucement, sarcastique, le soleil regardait
Caroline Taylor, avec une sainte colère,
Attaqua les feuilles sur l’allée du jardin.
Elle les rassembla en petits tas bien nets—
Sur toute la propriété de son père.
John, le journalier, et Billy, le cheval,
Étaient bien sûr partis pique-niquer ensemble.
Caroline Taylor, alors que le jour déclinait,
Murmura : « Le jardin est enfin en ordre ».
Caroline Taylor, par lassitude,
Resta étendue éveillée jusqu'à minuit.
Elle ratissa de minuit à six heures et demie,
Des jardins fantômes qu'elle ne pourrait jamais arranger.
Elle se leva le matin, les yeux lourds,
Regarda les allées du jardin et pleura.
Car le vent avait soufflé pendant la nuit et gâché
Tout l’ordre pour lequel elle travaillé si dur.
Sous les pommiers roux et bruns,
Les feuilles tombaient rapidement et doucement.
Sur les allées bien entretenues, elles tourbillonnaient
Comme s'il n'y avait jamais eu de râteau au monde.
Caroline Taylor, d’un air patient,
Dit : « Je dois ratisser ce jardin pour le nettoyer ».
Elle ratissa ce jour-là de dix heures à quatre heures,
Ratissa le lendemain pendant une heure ou plus.
Elle ratissa le jour suivant, mais hélas pour moi,
Elle écrivit le quatrième jour à un fameux M.D. !
Tandis que sur les cheminées de Beaver Town,
Doucement et sans remords, les feuilles tombaient encore
* * * *
Le travail de Caroline Taylor est terminé
Et le râteau est rangé derrière la porte de la remise.
Elle tâte des médicaments, blancs et noirs,
Et s'allonge sur son divan, souffrant d'un mal de dos.
La morale de cette histoire est de ne jamais essayer
D'être plus ordonné que la Terre et le Ciel.
Caroline Taylor
Caroline Taylor for Conscience sake
Went to the tool-house and hooked a rake,
Hooked a rake as the sun went down
Over the chimneys of Beavertown.
Up the pathway in whispering sheaves
The wind was blowing the autumn leaves.
Caroline Taylor in sore distress
Said, 'Good land, what an elegant mess',
5
Stalwart John, with a wink in his eye
Fled to Rochester speedily—
Said to himself as he skimmed the pike—
'Now Miss Carrie kin do as she like.'
Caroline Taylor for conscience sake
Went to work with that terrible rake.
Brushed the litter from path and bed
Till hands were aching and face was red.
Over the chimneys of Beavertown
Softly sarcastic the Sun looked down.
10
Caroline Taylor with holy wrath
Went for the leaves on the garden path.
Gathered them up in neat little mounds—
Over the face of her father's grounds.
John, the hand, and Billy the horse
Had gone on a picnic together of course.
Caroline Taylor as daylight passed
Murmured 'The garden is fixed at last'.
Caroline Taylor for weariness sake
Lay till the midnight wide awake—
15
Raked from midnight till half past six
Phantom gardens she never could fix.
Rose in the morning heavy eyed,
Looked at the garden paths and cried.
For the wind had blown in the night and spoiled
All the neatness for which she toiled.
Under the apple trees russet and brown
Swiftly and softly the leaves came down.
Over the trim kept paths they whirled
As though there had never been rake in the world.
20
Caroline Taylor with patient mien
Said 'I must rake that garden clean'.
Raked that day from ten to four,
Raked the next day an hour or more.
Raked the next day - but woe is me
Wrote on the fourth for a famed M.D.!
While over the chimneys of Beaver Town
Sweetly remorseless the leaves came down.
* * * *
Caroline Taylor's work is o'er
And the rake is back of the tool-house door.
25
She dabbles in medicines, white and black
And lies on her couch with a pain in her back.
The Moral of which is never try
To be more tidy than Earth and Sky.
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