D.30. Distress in the Himalayas

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                                            Détresse en Himalaya (1886)

Civil and Military Gazette
Ce poème n’a pas été publié par Kipling.
Traduction : sauf erreur, ce poème n’a pas encore été traduit en français.
Il est de la même veine que les poèmes décrivant avec ironie les scènes de la vie coloniale, en particulier à Simla, capitale d’été du gouvernement colonial et lieu de toutes les intrigues sentimentalesLes femmes ne sont pas le sujet qui inspire le mieux le Kipling de cette période... ( voir Departmental Ditties)

Dos de Chameau, Muree, Naini Tal : stations d’altitude.
Barashing : Daim rouge du Cachemire.
P&0 : Principale Compagnie maritime relaiant l’Inde et l’Angleterre.
Thomas Cook and Son : Première agence de voyage, fondée en 1841
Mall : Boulevard entre Buckingham Palace et Trafalgar Square.
"Inde fraiche et éclairée à l’électricité" : référence à la colonial and Indian Exhibition de 1886 à Londres dans laquelle était présentée une Inde très modernisée.
Albert Hall : Salle de concert.
Deodars :  cèdres de l’Himalaya`.
"Fleurs des murs" : traduction de « wallflowers «  celles qui attendent sans pouvoir danser, équivalent de « faire tapisserie ».
G-ldst—n : Felix von Goldstein musicien et chef d’orchestre du Vice-Roi, il avait acheté une grande maison à Simla et ajouté une salle de bal qui en faisait un lieu couru.
Strand : Grande artère plus ou moins équivalente aux Grands Boulevards parisiens, magasins et théâtres.

                                              Détresse en Himalaya
« Une singulière pénurie d’hommes règne cette année dans la plupart des stations d’altitude de l’Inde du Nord, en raison du nombre d’hommes partis en congé pour l’Angleterre ou le Cachemire — Bulletin. »

    Il y a des lamentations sur le dos du Chameau ;
    Il y a du chagrin sur le Mall de Simla ;
    Une horreur pure parcourt les collines de Murree
    Et plane sur Naini Tal !
    Les danses s'arrêtent ; les dîners s’interrompent ;
    Les fanfares tapageuses se taisent :
    Les jeunes filles attendent, inconsolées,
    Des hommes qui ne viennent jamais.

    Les pousse-pousse roulent — nul ne les accompagne,
    Ils avancent sans cavalier ;
    Les seuls courriers (ceux de Sa Majesté)
    Accentuent leur malheur.
    Ah ha ! Elle méprisaient notre humble valeur
    En d’autres années, plus joyeuses ;
    Allons, moquons-nous de leur misère,
    Et réjouissons-nous de leurs larmes !

    Va, demande au barasingh bondissant
    Où sont partis tes compagnons !
    Parle aux P et O qui appareillent,
    Ou à Thomas Cook and Son !
    Ils chassent désormais une autre proie,
    Ces hommes dont tu pleures la perte ;
    Car la moitié d'entre eux sont au Cachemire
    Et l'autre moitié chez eux, en permission.

    Pendant six courtes semaines, chaque voyageur cherche
    Un Mall plus vaste et animé —
    Un Inde fraiche, éclairée à l'électricité,
    Derrière l'Albert Hall.
    Que vaut le parfum des déodars,
    Le braiment de la fanfare de G-ldst—n
    Face aux odeurs chères de la fumée londonienne,
    Et au tumulte du Strand ?

    Ils reviendront, je les connais bien,
    Mais tu dois tenir jusque là
    Une saison à demi-endormie
    En compagnie de « garçons » et de vieillards.
    Les plus novices en uniforme,
    Les plus turbulents en uniforme à carreaux,
    Empêcheront ta danse de tomber à l’eau,
    Ton pique-nique de tourner au naufrage.

     En avant, patriarches au crâne chauve !
    Le temps vous offre une nouvelle chance ;
    Une rangée de douces fleurs des murs
    Se fane, prête pour la danse.
    Envole-toi, innocence aux cheveux de lin !
    Flirte tant que le destin te le permet ;
    La loi est clémente et ne contraint pas
    Un mineur à ses serments.


                    Distress in the Himalayas

'A singular scarcity of men prevails this year
at most of the Hill Stations of Upper India;
owing to the number of men who have taken
leave to England or Kashmir—Newsletter.'

1
    There's wailing on the Camel's Back;
    There's grief on Simla Mall;
    Blank horror thrills the Murree Hills
    And broods o'er Naini Tal!
    The dances stop; the dinners drop;
    The blatant bands are dumb:
    The maidens wait disconsolate
    For men who never come.
2
    The 'rickshaws run—none run beside,
    Uncavaliered they go;
    The only mails (Her Majesty's)
    Accentuate their woe.
    Ah ha! they scorned our simple worth
    In other, livelier years;
    Come, let us mock their misery,
    And gloat upon their tears!
3
    Go, ask the bounding barasingh
    Where are your partners gone!
    Speak to the flying P and O,
    Or Thomas Cook and Son!
    They hunt another quarry now,
    The men whose loss you grieve;
    For half of them are in Kashmir
    And half at Home on leave.
4
    For six short weeks each rover seeks
    A broader, bustling Mall—
    A cool, electric-lighted Ind
    Behind the Albert Hall.
    What is the scent of deodars-
    The bray of G– ldst– n's band—
    To odours dear of London smoke,
    And tumult of the Strand?
5
    They will return, I know them well,
    But you must eke till then
    A semi-torpid season out
    With 'boys' and aged men.
    The rawest thing in uniform,
    The rowdiest in check,
    Shall save your dance from breaking down,
    Your picnic from a wreck.
6
    Go up, bald-headed patriarchs!
    Time brings again your chance;
    A dado of sweet wallflowers
    Is withering for a dance.
    Fly, flaxen-headed innocence!
    Flirt while your Fate allows;
    The Law is kind and does not bind
    A minor to his vows.

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