Les phares côtiers (1893)
English Illustred Magazine > The Seven Seas
Ce poème appartient à un groupement de 6 poèmes réunis sous le titre A Song of the English
A Song of the English
The Coastwise Lights
The song of the Dead
The Deep-Sea Cables
The Song of the Sons
The Song of the Cities
England’s Answer
Les phares, et plus généralement les feux et lumières prévenant des dangers, sont un des éléments de la culture maritime anglaise et sont ici personnalisés ( voir dans le même registre The Bell Buoy, Big Steamers)
« Le plancher lisse et sans ligne » l’expression reprend une image utilisée dans A Song of the English dans laquelle la mer devient aussi sûre pour les Anglais qu’un chemin, un sol, ici un plancher sans lattes, et leur permet de se rendre où ils veulent sur la Terre.
Le pavillon-maison/fusée : Avant la radio, les phares repéraient les navires et transmettaient leur position aux armateurs.
« Courant la laine du Sud » : Les clippers faisaient « la course » pour apporter le thé en Angleterre, la laine venait d’Australie, il n'y avait plus de course quand écrit Kipling, mais l’image reste forte.
« Croûtes de la mer » traduction de « sea crust » peut-être sel déposé sur les assiettes après une longue traversée ?
Dernier vers énigmatique, les navires n’ont peut-être pas besoin d’expliquer comment il sont arrivés, leur simple présence suffit à montrer l’efficacité des phares anglais ?
Version chantée pour baryton et orchestre ( de la BBC ) Roderick Williams
Nos fronts sont cerclés d’écume et les algues nous arrivent aux genoux ;
Nos reins sont martelés par les mers houleuses et fumantes.
Du récif, du rocher et de l’écueil— par dessus promontoire, cap et baie—
Les Phares Côtiers d'Angleterre regardent passer les navires d'Angleterre !
À travers les interminables soirées d'été, sur le plancher lisse et sans ligne ;
À travers la tempête hurlante de la Manche, quand la sirène hulule et rugit—
Le jour, le pavillon-maison qui s’abaisse, et la nuit, la traînée de la fusée—
Comme les moutons qui paissent derrière nous, nous savons d'où ils viennent.
Nous jetons un pont au-dessus de l'obscurité et enjoignons le timonier à la prudence,
L’éclair qui, tournoie vers les terres, réveille sa femme endormie pour la prière ;
Depuis nos nids d'aigles tourmentés, face à la tempête, nous lions par des chaînes ardentes
L'amoureux tiré du bord de mer—son amour sur les chemins d’Angleterre
Nous saluons les clippers qui voguent toutes voiles dehors, courant la laine du Sud ;
Nous avertissons les cargos rampants de Brême, Leith et Hull ;
À tous et à chacun, un même phare face aux dangers de la mer —
Les navires de guerre aux flancs blancs ou les baleiniers de Dundee !
Approchez, venez de l'Est, des ports de veille du levant !
Remontez, remontez du Sud, ô bohémiens du Horn !
Navettes rapides du métier d'un empire qui nous tisse, d’une mer à l’autre,
Les feux côtiers d'Angleterre vous souhaitent à nouveau la bienvenue !
Allez, remontez la Manche avec la croûte de mer sur vos assiettes ;
Allez, rendez-vous à Londres avec le poids de vos frets!
Hâtez-vous, car on y parle de l'Empire, et on dit que ,si quelqu'un demande,
Les Phares de l'Angleterre vous ont envoyés, par le silence que vous parlerez !
The Coastwise Lights
1
Our brows are bound with spindrift and the weed is on our knees;
Our loins are battered ’neath us by the swinging, smoking seas.
From reef and rock and skerry—over headland, ness, and voe—
The Coastwise Lights of England watch the ships of England go!
2
Through the endless summer evenings, on the lineless, level floors;
Through the yelling Channel tempest when the siren hoots and roars—
By day the dipping house-flag and by night the rocket’s trail—
As the sheep that graze behind us so we know them where they hail.
3
We bridge across the dark and bid the helmsman have a care,
The flash that wheeling inland wakes his sleeping wife to prayer;
From our vexed eyries, head to gale, we bind in burning chains
The lover from the sea-rim drawn—his love in English lanes.
4
We greet the clippers wing-and-wing that race the Southern wool;
We warn the crawling cargo-tanks of Bremen, Leith, and Hull;
To each and all our equal lamp at peril of the sea—
The white wall-sided war-ships or the whalers of Dundee!
5
Come up, come in from Eastward, from the guardports of the Morn!
Beat up, beat in from Southerly, O gipsies of the Horn!
Swift shuttles of an Empire’s loom that weave us, main to main,
The Coastwise Lights of England give you welcome back again!
6
Go, get you gone up-Channel with the sea-crust on your plates;
Go, get you into London with the burden of your freights!
Haste, for they talk of Empire there, and say, if any seek,
The Lights of England sent you and by silence shall ye speak!
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