Traducteurs et Traductions: Jacques et Suzanne Vallette

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Jacques Vallette (1898-1967) French lector pendant trois ans au Trinity Collège, Agrégé d’anglais. Enseigne à l’école navale de Brest, Directeur de l’école Alsacienne, puis professeur à Paris, Lycée Charlemagne puis Henri IV. Nombreuses traductions de Shakespeare et Kipling.

Suzanne Vallette, née Charlety

En ce qui concerne Kipling : Puck, lutin de la colline, Paul Hartmann, 1932

Le retour de Puck (avec Suzanne Vallette) Paul Hartman, Paris, 1935

Souvenirs, un peu de moi-même pour mes amis connus et inconnus (avec Suzanne Vallette), Paul Hartmann, 1946

Leurs choix de traduction cherchent à transcrire le dialecte régional utilisés par Kipling, en particulier dans les Puck, ce qui rend aujourd’hui la lecture assez datée. Dans Métaphraste ou De la traduction (Bern, Peter Lang, 2020), Michael Herrmann prend pour exemple la traduction de J. Vallatte (1932) : « Ses paysans anglais […] parlent un bas-normand d’autant plus pénible qu’il est entièrement faux, c’est du bas-normand « littéraire » (« A sentit une p’tiote main qu’attrapait l’bord d’sa robe, et a s’laissa pleuyer par c’te p’tiote main », etc., p. 287). Faux bas-normand qui jure avec le fait que les personnages s’appellent Hobden, Spray, Whitgift ; et les lieux Bulverhithe, Rye, les marais de Romney. Traduire le conte de Kipling en bas-normand n’est alors qu’une demi-traduction ; la seule solution compatible alors avec le registre des verres (sic?) absolument transparents, avec passage intégral de l’anglais au bas-normand, ce serait de récrire une adaptation du récit, de transposer totalement le texte, avec des noms de paysans normands authentiques, et de le localiser vers l’embouchure de la Seine entre Honfleur et Villequier, dans les Marais de Saint-Jérôme ou le Marais Vernier. » (cité par Jean-Michel Le Bot dans son Blog Anthropiques ). Proposition sans doute ironique, mais ce qui pouvait faire « couleur locale » dans une France encore « patoisante » devient aujourd’hui un choix de traduction qui fait obstacle à le lecture du poème. D’autant plus que les traductions des Vallatte qui ne miment pas une langue parlée restent très lisibles.

Les poèmes sont souvent traduits en prose sans marquer la versification. Les traductions n’étant pas dans le domaine public, j’ai choisi à titre d’illustration de ne donner que les premiers vers. Les Puck traduits par J. et S. Vallette sont trouvables en 10:18 et en collection Bouquins, Robert Laffont.

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