Les Funérailles (1902)
The Times> The Five Nations.(Présentation et sommaire)
Oraison funèbre lu lors de l’enterrement de Cecil Rhodes(1853-1902), industriel et homme politique de premier plan en Afrique du Sud (il donne son nom à la Rhodésie. Symbole de l’impérialisme anglais qui rêve d’une domination « du Caire au Cap »).Il est très lié à Kipling. Personnalité complexe et très controversée, Self made man qui a fait fortune dans l’exploitation des diamants (fondateur de la De Beers). Homme politique colonialiste, il déclenche des opérations militaires contre les tribus natives et contre les Boers. Il est parfois présenté comme un Elon Musk du XIXe.
Traduction de Jules Castier.dans Les Cinq Nations, Louis Conard, 1920 (voir plus bas)
Strophe 1 : Les 4 premiers vers sont basés sur un aphorisme de Pindare :
« Créatures d’un jour : qu’est-on ? que n’est-on pas ? d’une ombre le rêve, / voilà l’homme »Pythiques VIII.
Kipling oppose les puissants soumis aux lois communes et ceux dont la « puissance » (Power) échappe à la fatalité. Tous deux Franc-Maçons, il est probable que cette oraison en garde la trace.
Défier la mort : allusion à la maladie mais Rhodes était réputé très courageux.Il aurait établi son camp sans protection entre une tribu hostile et l’armée anglaise pour pouvoir négocier.
L’enterrement
Quand ces grands rois retournent à la poussière,
Ou les empereurs dans leur orgueil,
Le deuil d’un jour emplira le jour,
Car leur créature est morte.
Mais nous—nous ne comptons pas sur ceux
Que les simples Parques ordonnent,
Cette Puissance qui a agi sur nous et retourne
A la Puissance même.
Rêveur fervent, guidé par une vision
Au-delà de notre compréhension ou de notre portée
Le labeur de son esprit engendra
Des cités en lieu et place des discours.
Si immense la pensée toute-puissante qui l’animait—
Si bref était le temps imparti,
Il liait des nations, non des mots, pour affirmer
Sa foi devant la foule.
C'est sa volonté de contempler
À travers le monde qu'il a conquis—
Le granit de l’antique Nord—
Vastes espaces baignés de soleil.
Là, patient, il prendra sa place,
(Comme lorsqu'il osa défier la Mort),
Et là, attendre les pas d’un peuple,
Sur les chemins qu'il a préparés.
Là, jusqu'à ce que la vision qu'il entrevoyait
Splendide et entière se lève,
Et que des empires inimaginables se rassemblent
En conseil sous ses cieux,
Cet Esprit immense et méditatif
Animera et gouvernera encore.
Vivant, il était la terre, et mort,
Son âme en sera l’âme !
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Traduction en vers de Jules Castier dans Les Cinq Nations, Louis Conard, 1920 .
Les Funérailles
G. J. Rhodes, inhumé au Matappos, le 10 avril 1902.
Lorsque les Rois sont cendres amères,
Ou l'Empereur, en plein orgueil, —
Il flotte un regret éphémère ;
Le disparu répand son deuil.
Mais nous ne comptons point ceux-là,
Que le simple destin recense, —
Puissance qui se révéla,
Et qui retourne à la puissance.
Rêveur dévôt, que son grand rêve
Menait delà nos yeux bridés,
Son esprit enfanta sans trêve.
Non pas des mots, mais des cités.
Si forts, ses pensers sûrs et longs,
Si court, le temps qui les seconde, —
Forgeant des peuples en chaînons,
Sa foi fut révélée au monde.
C'est sa volonté qu'il regarde
Devers le sol gagné par lui, —
Le Nord à la roche hagarde,
L'espace où le soleil a lui.
C'est là qu'il verra les Demains,
(La mort respecte les Prophètes !)
Qu'il attendra les flots humains
Rouler aux routes qu'il a faites.
Là, jusqu'au jour où son grand rêve
Se dressera, superbe, entier,
Où les Empires qu'il élève
S'assembleront pour conseiller,
L'immense esprit, pensant encor,
Saura garder sa tâche ancienne;
Vivant, il fut le sol, — et, mort,
Son âme deviendra la sienne !
§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§
The Burial
When that great Kings return to clay,
Or Emperors in their pride,
Grief of a day shall fill a day,
Because its creature died.
But we—we reckon not with those
Whom the mere Fates ordain,
This Power that wrought on us and goes
Back to the Power again.
Dreamer devout, by vision led
Beyond our guess or reach,
The travail of his spirit bred
Cities in place of speech.
So huge the all-mastering thought that drove—
So brief the term allowed—
Nations, not words, he linked to prove
His faith before the crowd.
It is his will that he look forth
Across the world he won—
The granite of the ancient North—
Great spaces washed with sun.
There shall he patient take his seat
(As when the Death he dared),
And there await a people’s feet
In the paths that he prepared.
There, till the vision he foresaw
Splendid and whole arise,
And unimagined Empires draw
To council ’neath his skies,
The immense and brooding Spirit still
Shall quicken and control.
Living he was the land, and dead,
His soul shall be her soul.
Une réponse à « B.62. The Burial »
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