« Covenant » (1914)
The Covenanter Magazine de Belfast> Inclusive Verse
Organe de la League of British Covenanters.
Poème politique lié à la question de l’Irlande au bord de la guerre civile. Kipling défend les protestants d’Ulster qui voulaient rester sujets britanniques si l’Irlande devenait autonome (Home Rule). Occasion pour Kipling d’attaquer les politiciens liberaux.
Le poème a aussi une forte résonnance religieuse et une réthorique biblique. Je n’ai pas traduit le titre « Covenant » car le mot a une histoire douloureuse, en particulier religieuse, très ancienne en Grande-Bretagne, surtout en Ecosse à partir du XVIe siècle. Les protestants écossais (presbytériens) rejettent la hiérarchie catholique et se regroupent en « covenant » (pacte, alliance) interdits et persécutés.
L’Angleterre devenue protestante, un grand nombre de ces presbytériens écossais ont été installés pour occuper les terres des irlandais catholiques rebelles, en particulier en Ulster, farouchement attachés à la Couronne, origine des «guerres d’Irlande » pour plusieurs siècles.
Kipling ne choisit pas au hasard un mot qui renvoie aux persécutions subies par les protestants et qui porte en Ecosse le nom de « Killing Times ».En 1914, ces Covenanters britanniques d’Irlande envisagent la rébellion. Kipling a également soutenu financièrement la milice paramilitaire Ulster Volunteer Force.
« Covenant »
Nous pensions être hors d’atteinte du malheur.
Les autres pouvaient tomber, pas nous, car nous étions sages—
Marchands de liberté. Alors, de notre plein gré,
Nous avons laissé nos serviteurs endormir notre force avec des mensonges.
Le plaisir et le poison firent leur œuvre,
Sur nous comme sur les plus vils, jusqu'à ce que nous apprenions
que celui qui ment volera, et celui qui vole tuera.
Ni le jugement de Dieu ni le cœur des hommes ne furent changés.
Et il demeure encore Sa Miséricorde—à rechercher
À travers la colère et le péril, jusqu'à ce que nous expions nos fautes
Par ce dernier droit que nos ancêtres revendiquèrent
Lorsque leur Loi les abandonna et que ses gardiens furent achetés.
Telle est notre cause. Que Dieu nous aide et renforce
Notre volonté de Le rencontrer plus tard, sans honte !
The Covenant
We thought we ranked above the chance of ill.
Others might fall, not we, for we were wise—
Merchants in freedom. So, of our free-will
We let our servants drug our strength with lies.
The pleasure and the poison had its way
On us as on the meanest, till we learned
That he who lies will steal, who steals will slay.
Neither God’s judgment nor man's heart was turned.
Yet there remains His Mercy—to be sought
Through wrath and peril till we cleanse the wrong
By that last right which our forefathers claimed
When their Law failed them and its stewards were bought.
This is our cause. God help us, and make strong
Our will to meet Him later, unashamed!
Laisser un commentaire