D.13. A Dedication (to Soldiers Three)

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                                             Une Dédicace (1888)
                                      (A Trois hommes de troupe)

Soldiers Three > Barrack-Room Ballads> Songs From Books
Premier titre : L’envoi (confusion possible avec un autre poème de ce nom placé à la fin de The Story of the Gadsby's)
Le recueil Soldiers Three réunit les nouvelles illustrant certains passages de la vie et des aventures des simples soldats Terence Mulvaney, Stanley Ortheris et John Learoyd, personnages récurrents de nombreux récits de Kipling
Soldiers Three and other stories réunis trois recueils parus en Inde :
Soldiers Three ( nov 1888)
The Story of the Gadsby’s ( dec 1888)
In. Black and White (Jan 1889)

Les traductions françaises n’ont en général pas retenus les poèmes, je ne trouve pas de trace de celui-ci, même en Pléiade.
Il propose une métaphore sur la création littéraire qui, comme The Craftsman ou The Coiner, peut éclairer l'image contradictoire que développe Kipling dans ses poèmes : les meilleurs vont chercher rubis et perles, lui travaille l'humble glaise, comme les dieux créateurs...

« Cette ville où je suis en exil » : Fin 1887, Kipling change de journal et quitte Lahore et sa famille pour Allahabad
«  Le pain du mécontentement » référence biblique  possible : Psaumes 127.2 «  to eat the bread of sorrows » : le pain de la douleur.

                                             Une Dédicace
                               A Trois Hommes de Troupe

Et ce sont des mains plus fortes que les miennes
Qui ont extrait le Rubis de la terre —
Des esprits plus ingénieux qui l’ont rendu digne
Du vaste désir d’un roi,
Et des cœurs plus courageux qui, à travers les flots salés,
Se sont enfoncés pour ramener la Perle parfaite.

Voici, j’ai modelé dans de l’argile ordinaire
Des figures grossières d’une race rude et rustique,
Puisque les perles ne jonchent pas la place du marché
Dans cette ville où je suis en exil,
Où je joue avec la poussière tourbillonnante,
Et où je mange le pain de l’insatisfaction

Et il y a-t-il de la vie dans ce que je crée.
Ô toi qui sais, tourne-toi et regarde —
Tout comme tu as pouvoir sur moi,
J'ai pouvoir sur eux,
Car je les ai façonnés pour ton bien,
Et j'ai insufflé en eux mes propres tourments.

Peu de joie dans la fabrication— À présent,
Je soulève le tissu qui couvre l’argile,
Et, las, je dépose à tes pieds
Mes marchandises, avant de partir les vendre.
Le grand bazar m’acclamera, mais toi—
Cœur de mon cœur— Ai-je bien fait ?

                              A Dedication
                         To Soldiers Three

And they were stronger hands than mine
That digged the Ruby from the earth—
More cunning brains that made it worth
The large desire of a king,
And stouter hearts that through the brine
Went down the perfect Pearl to bring.

Lo, I have wrought in common clay
Rude figures of a rough–hewn race,
Since pearls strew not the market-place
In this my town of banishment,
Where with the shifting dust I play,
And eat the bread of discontent.

Yet is there life in that I make.
O thou who knowest, turn and see–
As thou hast power over me
So have I power over these,
Because I wrought them for thy sake,
And breathed in them mine agonies.

Small mirth was in the making—now
I lift the cloth that cloaks the clay,
And, wearied, at thy feet I lay
My wares, ere I go forth to sell.
The long bazar will praise, but thou–
Heart of my heart—have I done well?

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