F.24. For the Women

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                                                Pour les femmes (1887)


Civil and Military Gazette > The Naulahka ( strophe 5 et 6 ) > The Outward Bound Edition ( sans la strophe 8).
Le poème est publié en lien avec la pose de la première pierre de l’hôpital pour femmes de Lahore, à la suite d’un campagne initiée par la femme du Vice-Roi, Lady Dufferin ( également évoquée dans
The Song of the Women)
La prise en charge médicale des femmes en Inde était particulièrement dramatique à cause de la règle du Purdah (rideau cachant les femmes) qui leur interdit d’être vue par des hommes qui ne sont pas de leur famille, et donc par les médecins.
De manière assez ironique Kipling s’appuie sur les « bienfaits » de la colonisation qui profite aux seuls hommes pour leur reprocher d’en priver leurs femmes
, en particulier ici dans le domaine de l'obstétrique. L'impérialisme de Kipling est justifié par les "œuvres" de modernisation et le transfert des connaissances et du monde vie occidental aux populations. Les deux premières strophes forment un résumé parfait de l'idéologie colonialiste. Je ne pense pas que dire que Kipling soit moderne ou précurseur ait beaucoup de sens, mais sa curiosité et son intelligence lui ont fait aborder "en avance" bien des thèmes qui sont encore d'actualité, et de poser plutôt finement les questions encore posées aujourd'hui.

Traduction : partielle, les strophes 5 et 6 servent de poème liminaire du chapitre 10 de The Naulakha par Nelly Carrère sous le pseudonyme de M.P.Laurent (voir plus bas)

Serviteur de la Vache : référence aux Hindous qui vénèrent les vaches sacrées sans semble-t-il de nuance péjorative ici. Une mention de la Kipling Society évoque une possible nécessité de rime, mais Kipling est assez bon rimeur pour toujours allier le son au sens : c’est la Mère universelle qui est vénérée à travers la vache (Gao Mata (<Hindi Mère Vache ), et c’est sans doute très ironique de le rappeler avant de dire à quel point les mères humaines sont maltraitées par les adorateurs de la vache mère…

« Temps des cents dangers » « Dieux du foyer » sootak (impureté rituelle après la naissance), « incantations » « feux-de-naissance » : rites qui accompagne l’accouchement »
Hanter sa maison : il existe un fantôme particuler des femmes mortes en couches

Pour les femmes

Nous avons recousu la force d’une terre déchirée par le canon, le Code et l’épée ;
Nous avons ouvert la voie à tous les hommes, nous avons ponté le gué furieux ;
Nous avons débarrassé le pays de la violence et de l’injustice, nous luis avons imposé le calme;
Et partout où cette volonté était bonne, nous avons concrétisé la volonté du peuple.

La Sagesse de l’Occident leur appartient — nos écoles sont ouvertes à tous.
La puissance de tout l’Occident leur appartient, pour les soutenir de peur qu’ils ne tombent ;
Et les hommes peuvent dire ce qu’ils veulent, et nul n’ose les faire taire.
Mais qui a pris la parole pour elles — les femmes et les jeunes ?

Qui sait, sinon vous, ô hommes que nous avons instruits, et qui nous instruisez aujourd’hui,
Cohéritiers de nos huit cents ans, et… serviteurs de la Vache —
Qui sait sinon vous la vie que vous dissimulez, à l’abri des regards étrangers ?
Tous nos dons sont-ils réservés aux hommes seuls, ou vos femmes peuvent-elles en bénéficier ?

Elles ont peu de désir pour la lumière du savoir ou la Sagesse de l’Occident ;
Vous avez peu de désir qu’elles apprennent, ni que nous troublions leur repos.
Mais — impitoyable comme lorsqu’Il parlait, sans modération, prompt à tuer —
La malédiction que Dieu a jetée sur Ève est aujourd’hui leur héritage.

Vous connaissez le « Temps des Cent Dangers »quand, parés de peinture et de fleurs,
Vos Dieux du foyer sont soudoyés pour aider à traverser ces heures amères et sans secours ;
Vous connaissez cette natte usée et pourrie sur laquelle la mère repose ;
Vous connaissez la chambre de sootak souillée, ce réduit où elle meurt —

Meurt, avec le marmottement de l’incantation de l’accoucheuse murmurée à son oreille,
Meurt, malgré la jeune Vie qui s’efforce de rester, le nourrisson dans ses bras,
Meurt dans l’air trois fois brûlant, brûlée par le souffle du Feu-de-naissance,
Condamnée, dites-vous, de peur que la souffrance manque, à hanter sa maison après a mort.

Vous savez ces choses, et bien plus encore—les sombres secrets des Morts,
Les horreurs abominables commises par ignorance, engendrées par le Temps sur la Folie.
Les femmes n’ont pas la parole, mais nul ne peut freiner votre plume —
Détournez-vous un instant de vos querelles et plaidez leur cause, ô hommes !

[Aidez-nous maintenant — pour votre propre bien, venez à notre secours. Regardez ! Depuis que le commencement du monde,
Jamais les gens n’ont marché séparément — la femme de l’homme,
Et vous êtes riches de tout notre savoir, vous faites nôtres nos pensées —
Mais, par les mères de votre race, vous ne pouvez vous élever seuls ;]

Aidez-nous ici — et que le bienfait ne soit pas pour nous, ni pour nous le profit ;
Faites de la place pour sauver l’enfant de la mort, la mère de sa douleur.
Est-ce une chose si grande que nous demandons ? N’y a-t-il pas de chemin à trouver
Quand les femmes de notre peuple cherchent à venir en aide à vos femmes ?

Pas un mot pour ébranler leur foi, pas besoin de parler du Christ ou de croyances,
Mais l’aide d’une femme à une femme dans le besoin et le dévouement d’une femme.
Les soins que l’Occident peut offrir, que cette guérison leur soit accordée.
Retirez les Purdahs pour leur bien, et laissez entrer nos femmes !

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Traduction partielle de Nelly Carrère sous le pseudonyme de M.P.Laurent. Le Naulahka, Ollendorf, 1908. les strophes 5 et 6 servent de poème liminaire au chapitre 10.

Vous connaissez le Temps des Cent Dangers quand avec peinture et fleurs gaies,
On soudoie vos dieux domestiques pour soulager les heures amères d'impuissance;
Vous connaissez le grabat rongé et pourri où votre fille gît,
Vous connaissez la pièce noircie par la suie, la cellule où elle se meurt.

Meurt avec dans l'oreille le papotage étouffé de l'accoucheuse qui récite ses formules,
Meurt, malgré la jeune vie qui s'acharne, le nourrisson sur le sein—
Meurt dans la chambre surchauffée, desséchée par le souffle du feu de la naissance—
Condamnée, dites-vous, par peur du défaut d'angoisse, à hanter sa maison une fois morte !

(« Chanson des femmes »)

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For the Women
1
We knit a riven land to strength by cannon, code, and sword;
We drove the road for all men's feet, we bridged the raving ford;
We cleared the waste of force and wrong, we bade the land be still;
And whereso'er that will was good, we wrought the people's will.
2
The Wisdom of the West is theirs—our schools are free to all.
The strength of all the West is theirs, to prop them lest they fall;
And men may say what things they please, and none dare stay their tongue.
But who has spoken out for these—the women and the young?
3
Who know but you, O men we taught, and men who teach us now,
Co-heirs of our eight hundred years, and ... Servants of the Cow—
Who know but you the life you cloak, secure from alien stare?
Are all our gifts for men alone, or may your women share?
4
Small wish have they for learning's light or Wisdom of the West;
Small wish have you that they should learn, or we should break their rest.
But—pitiless as when He spoke, untempered, quick to slay—
The curse God laid on Eve is theirs for heritage to-day.
5
You know the `Hundred Danger Time' when, gay with paint and flowers,
Your household Gods are bribed to help the bitter, helpless hours;
You know the worn and rotten mat whereon the mother lies;
You know the sootak room unclean, the cell wherein she dies—
6
Dies, with the babble in her ear of midwife's muttered charm,
Dies, 'spite young Life that strains to stay, the suckling in her arm,
Dies in the three-times-heated air, scorched by the Birth-fire's breath,
Foredoomed, you say, lest anguish lack, to haunt her home in death.
7
These things you know, and more than these—grim secrets of the Dead,
Foul horrors done in ignorance, by Time on Folly bred.
The women have no voice to speak, but none can check your pen—
Turn for a moment from your strife and plead their cause, O men!
8
[Help now—for your own sakes give help. Look! since the world began
Was never people walked apart—the woman from the man,
And you are rich in all our lore, you make our thoughts your own—
But, by the mothers of your race you cannot rise alone;]
9
Help here—and not for us the boon and not to us the gain;
Make room to save the babe from death, the mother from her pain.
Is it so great a thing we ask? Is there no road to find
When women of our people seek to help your womenkind?
10
No word to sap their faith, no talk of Christ or creed need be,
But woman's help in woman's need and woman's ministry.
Such healing as the West can give, that healing may they win.
Draw back the purdahs for their sakes, and pass our women in!

Une réponse à « F.24. For the Women »

  1. Avatar de almostfamous1764707209
    almostfamous1764707209

    🙂

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