Je suis le Bavaian le plus sage (1902)
Comment le léopard eut ses taches.
Just So Stories for Little Children > Inclusive Verse
Le poème suit le conte : How the Leopard got his Spots.
Les Just so stories sont des contes dits étiologiques qui racontent comment les animaux sont devenus comme ils sont, ici les taches du léopard.
Traduction : ce recueil de contes a été constamment réédité et plusieurs fois retraduits. Souvent étudié à l’école il est devenu, sans doute plus que le Livre de la Jungle, le livre de Kipling le plus lu en France aujourd’hui.
Traduction du recueil :
— de R.d’Humières et L. Fabulet, Histoires comme ça pour les petits, Delagrave 1903, traduction incomplète dans laquelle le poème I am the Most Wise Baavian ne figure pas
— de Jean Esch et André Divault ( Laurent David), Histoires comme ça, Hachette 1988; Traduction plus complète que la précédente.
— de Laurence Kiefé, Histoires comme ça - texte intégral, Hachette Jeunesse 2007
— de Claude Mourthé,Histoires comme ça (Choix) / Just So Stories (Selected Stories), Gallimard, « Folio bilingue »2011.
Baviaan : (du hollandais) Babouin à tête de chien (cynocéphale, hamadryas) qui « guide » le léopard et l’Ethiopien vers leurs proies disparues. Kipling, auteur des dessins de recueil le représente comme une statue égyptienne, ce qui l’identifie à une des représentations avec l’ibis du dieu Thot, Dieu de l’écriture au savoir illimité, puis Dieu de la sagesse, ce qui peut le rendre ennuyeux et pompeux. Dans le conte, il est décrit comme l’animal le plus sage de toute l’Afrique du Sud
Le poème conclut ce conte en faisant allusion à la fois au conte où les animaux reçoivent taches et rayures pour se dissimuler et à l’ennui des enfants lors des visites de convenance faites à leurs parents. Philip Holberton, qui rédige le contexte de ce poème sur le site de la Kipling Society, rappelle à ce propos un "proverbe" anglais : " Children should be seen and not heard"/ « Les enfants doivent être vus et non entendus. »...
Je suis le Baviaan le plus sage
Je suis le Bavaiaan le plus sage, parlant sur le ton le plus sage :
« Fondons-nous dans le paysage — rien que nous deux, tout seuls. »
Des gens sont venus — en calèche — pour nous rendre visite. Mais Maman est là…
Oui, je peux y aller si tu m’emmènes — Nounou dit que ça lui est égal.
Allons jusqu’aux porcheries et asseyons-nous sur les barrières de la cour de la ferme !
Disons des choses aux petits lapins et regardons-les remuer leur queue !
Allons… oh, n’importe quoi, papa, pourvu que ce soit toi et moi,
Et qu’on parte vraiment à l’aventure, sans rentrer avant le thé !
Voici tes bottes (je les ai apportées), et voici ta casquette et ton bâton,
Et voici ta pipe et ton tabac. Oh, allez, sors de là—vite.
I am the Most Wise Baviaan
(How the Leopard
got his Spots)
I AM the Most Wise Baviaan, saying in most wise tones,
‘Let us melt into the landscape—just us two by our lones.’
People have come—in a carriage—calling. But Mummy is there....
Yes, I can go if you take me—Nurse says she don’t care.
Let’s go up to the pig-sties and sit on the farmyard rails!
Let’s say things to the bunnies, and watch ’em skitter their tails!
Let’s—oh, anything, daddy, so long as it’s you and me,
And going truly exploring, and not being in till tea!
Here’s your boots (I’ve brought ’em), and here’s your cap and stick,
And here’s your pipe and tobacco. Oh, come along out of it—quick.
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