H.7.Heriot’s Ford

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                                         Le gué de Heriot (1891)

The Light that Failed > Songs from Books

Les huit premiers vers servent d’épigraphe au chapitre X de The Light that Failed avec le titre The Fight of Heriot’s Ford. Six autres strophes sont ajoutées pour la parution dans Songs from Books en 1912.

The Light that Failed est un roman largement autobiographique dont le titre évoque la cécité qui a menacé Kipling enfant et dont il décrit la progression chez son personnage Dick Heldar, cécité également évoquée dans l'épigraphe mais qui disparait dans le poème remanié.

Le poème s’inspire des Border Ballads qui décrivent les guerres à la frontière avec l’Ecosse en utilisant la forme dialoguée questions/réponses. Une bataille a eut lieu au Gué de Heriot et un homme a été fait prisonnier sans beaucoup combattre par les frères de la femme qu’il a tué auparavant.

Traduction :
— Mme Charles Laurent ( Nelly Carrère) : La lumière qui s’éteint, P. Ollendorf 1900 (voir plus bas)
— Robert d’Humières, La lumière qui faillit, George Crès, 1922 (voir plus bas)
— Pierre Coustillas, La lumière qui s’éteint, Pléiade I, Gallimard 1988.

Version chantée par Peter Bellamy (traditionnelle) Leslie Fish (folk ballade)

L’ombre de votre puissance : rappel ironique de sa déchéance.
Le roi Josué : référence biblique :Josué demande à Dieu d'arrêter le soleil et lune  Josué 10, 12-13

                                     Le gué de Heriot

« Qu’est-ce donc qui boite à mes côtés ? »
L’ennemi qu’il vous faut combattre, mon seigneur.
« Qui chevauche aussi vite que moi ? »
L’ombre de votre puissance, mon seigneur.

« Alors, tourne mon cheval à l'assaut de l'ennemi ! »
Il est à terre et son heure est passée, mon seigneur.
Vous combattez contre la lueur du couchant,
Le jugement ne tardera pas, mon seigneur !

« Oh, qui empêchera le soleil de se coucher ? »
Le Roi Josué est mort, mon seigneur.
« J'ai besoin d'une heure pour me repentir ! »
C'est ce qu'a dit notre sœur, mon seigneur.

« Oh, ne me tuez pas en état de péchés ! »
Vous êtes en sûreté avec nous pour l’instant, mon seigneur.
« Non, tuez-moi avant que la peur ne s’empare de moi ! »
Nous ne vous servirions pas ainsi, mon seigneur.

« Où se trouve le destin auquel je dois faire face ? »
À trois petites lieues d'ici, mon seigneur.
« Alors, hâtez le pas trainant des chevaux ! »
Nous en aurons besoin dès demain, mon seigneur.

« Demain… demain ! Détachez-mes liens ! »
Notre sœur n’en eut besoin d’aucun mon seigneur.
Vous n’aviez pas l’intention d’affronter nos épées,
Et— où peuvent s’enfuir les lâches, mon seigneur ?

Vous ne tueriez tout de même pas une âme vivante ? »
C’est ainsi que s’écria notre sœur, mon seigneur.
« Je n’ose pas mourir sans m’être confessé. »
Mais c’est ainsi que notre sœur mourut, mon seigneur.

« Alors essuyez la sueur de mon front et de mes joues. »
Elle coule à nouveau à flots, mon seigneur.
« Soutenez-moi, car la chair est faible. »
Vous en avez fini avec la Chair, mon seigneur !


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Traduction de Mme Charles Laurent ( Nelly Carrère) : La lumière qui s’éteint, P. Ollendorf 1900. La version diffère légèrement de l’édition reprise dans Songs from Books et évoque la cécité qui menace Dick Heldar

—Qu’est-ce là, qui suit à mon côté ?
—L’ennemi qu'il vous faut combattre, monseigneur.
—Qui boitille aussi vite que mon destrier?
—C’est l'ombre de la nuit, monseigneur.
—Alors, tourne mon cheval face à l'ennemi!
—Il est à terre et dépassé, monseigneur.
—Vous combattez le soleil qui faiblit,
— Car la nuit tombe vite, monseigneur.

                                            La Bataille du gué de Heriot.

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Traduit par en vers rimés par Robert d’Humières, La lumière qui faillit, George Crès, 1922

Qu'est-ce là qui suit à mon côté? —
L'adversaire qui t'attend, my lord, —
Boitillant contre mon pied botté ? —
La ténèbre de la nuit, my lord, —
Tournez mon cheval que je guerroie ! -
L'ennemi gît, dépassé, my lord.
Tu féris le couchant qui flamboie :
L'ombre gagne vite au ciel, my lord.

LE COMBAT DU GUÉ DE HERIOT.

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                Heriot’s Ford
1
"What's that that hirples at my side?"
The foe that you must fight, my lord.
"That rides as fast as I can ride?"
The shadow of your might, my lord.
2
"Then wheel my horse against the foe!"
He's down and overpast, my lord.
You war against the sunset-glow,
The judgment follows fast, my lord!
3
"Oh, who will stay the sun's descent?"
King Joshua he is dead, my lord.
"I need an hour to repent!"
'Tis what our sister said, my lord.
4
"Oh, do not slay me in my sins!"
You're safe awhile with us, my lord.
"Nay, kill me ere my fear begins!"
We would not serve you thus, my lord.
5
"Where is the doom that I must face?"
Three little leagues away, my lord.
"Then mend the horses' laggard pace!"
We need them for next day, my lord.
6
"Next day–next day! Unloose my cords!"
Our sister needed none, my lord.
You had no mind to face our swords,
And–where can cowards run, my lord?
7
"You would not kill the soul alive?"
'Twas thus our sister cried, my lord.
"I dare not die with none to shrive."
But so our sister died, my lord.
8
"Then wipe the sweat from brow and cheek."
It runnels forth afresh, my lord.
"Uphold me–for the flesh is weak."
You've finished with the F

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