C.47. The Consolations of Memory

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                                Les consolations de la mémoire (1929)
(circa 1904)
(adapté de Boèce par Geoffrey Chaucer)

The Muse among the Motors
Comme tous les poèmes de cette série, Kipling parodie un auteur classique sur le thème des moteurs.
Chaucer a traduit
La Consolation de la philosophie de Boèce ( Boethius ca.420-524), philosophe chrétien de Rome, emprisonné et condamné à mort par Theodoric, traducteur d’Aristote, saint et martyr.
Kipling double l’exercice en parodiant d’assez près un poème sur le thème de l’âge d’or (c’était mieux avant…) tout en parodiant Chaucer.
Et la « traduction » oblige à tripler l’exercice car Kipling utilise des procédés lexicaux, orthographiques et syntaxiques archaïsants pour donner l’illusion d’une langue pseudo-chaucerienne sur laquelle repose une grande partie de l’effet du poème. Ma réécriture ne peut donc être qu’un essai de transposition que seule le pastiche voulu par Kipling autorise.


Les consolations de la mémoire

Beni fut nostre premier âge et son matin.

Lors n’estoient chemins goudronnez, ne carrosses en grand nombre,
Mais chascun suivoit son propre jeu et occupation plaisante,
Allant seul ou par larges intervalles,
Pour conduire son voyage selon son désir, et se reposer soubs haie nette.

Point n’estoit de clameur, ni roue pressante qui vous atteigne,
Et ces cruels clairons d’aujourd’huy estoient muets et assoupis.

Lors nobles chevaux, de peur qu’ils ne missent les chars en furieuse course
Par cause de ceste nouvelle frayeur, nous ne les pressions point,
Et nous estions contens des douces grâces de celuy qui les conduisoit.

Il n’y avoit malediction, ni hazard de mort aux fossés aveugles,
Mais bonne compaignie de gens d’attelage, en ignorance égale,
Et une mesme colonne de poussière couvroit tout l’exode...
Mais voyez ores comment la noire route
S’est despouillée de cœur et de beauté,
Là où la lampe muette du Tartare cligne rouge, et cætera…

The Consolations of Memory
(Circa 1904)
(Done out of Boethius by Geoffrey Chaucer)

Blessed was our first age and morning-time.

Then were no waies tarren, ne no cars numberen,
but each followed his owne playinge-busyness
to go about singly or by large interspaces,
for to leden his viage after his luste and layen under clene hedge.

Jangling there was not, nor the overtaking wheele,
and all those now cruel clarions were full-hushed and full-still.

Then nobile horses, lest they should make the chariots moveable to run
by cause of this new feare, we did not press,
and were apayed by sweete thankes of him that drave.

There was not cursings ne adventure of death blinded bankes betweene,
but good-fellowship of yoke-mates at ignorance equal,
and a one pillar of dust covered all exodus . . . .

But, see now how the blacke road
hath strippen herself of hearte and beauty
where the dumbe lampe of Tartarus winketh red, etc.

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