Le vent de l’aube (1911)
A School History of England
Le poème clôt le chapitre VI :The End of the Middle Ages: Richard II to Richard III, 1377-1485. Une note en marge indique : « The hour before the dawn/ L’heure avant l’aube ».
Poème à part dans ce livre d’histoire pour la jeunesse car sans référence explicite à des personnages ou des évènements historiques, suggérant plusieurs niveaux de lecture. Nénmoins, sa position dans ce livre d’histoire, la fin du Moyen-âge, semble indiquer que ce vent serait celui de la Renaissance et de l’Humanisme mettant fin à un « long et mauvais rêve ».
Traduction de Louis Fabulet et E.Cavaillès, Une histoire de l'Angleterre pour la jeunesse, Dalagrave,1932. (voir plus bas)
Version chorale : Roslagens Vokalorchensemble
Le vent de l’aube
À deux heures du matin, si vous ouvrez votre fenêtre et tendez l’oreille,
vous entendrez les pas du Vent qui va appeler le soleil.
Les arbres dans l'ombre bruissent et les arbres au clair de lune lune scintillent,
et bien que la nuit soit profonde et sombre, vous sentez que la nuit est finie.
Comme les vaches au pré. Elles paissent pendant une heure puis se couchent,
somnolant et ruminant ; ou un oiseau dans le lierre se réveille,
Lance une note et se tait, et le vent agité continue son chemin,
Impatient au loin sur la route, jusqu'à ce que, doucement, la nuit se brise.
Le Vent revient en force avec un souffle comme l'aile d'un ange,
Doux mais réveillant le monde, en criant : « Le Soleil ! Le Soleil ! »
Et la lumière inonde les champs et les oiseaux se mettent à chanter,
Et le Vent s'apaise dans l'herbe. C'est le jour et son travail est fini.
Alors, quand le monde dort et qu'il semble sans espoir qu'il se réveille
D'un long et mauvais rêve qui le fait gémir et murmurer,
Soudain, tous les hommes se lèvent au bruit des chaînes qui se brisent,
Et chacun sourit à son voisin et lui dit que son âme est sienne !
§§§§§§§§§§§§§§§§§§§
Traduction en alexandrins de Louis Fabulet, Une histoire de l'Angleterre pour la jeunesse, Dalagrave,1932. l'édition précise que les "poésies" sont "interprétées" par L. Fabulet.
Le texte historique laisse la place à cette introduction :
"Les ossements de Becket pouvaient-ils vraiment rappeler un mort à la vie ? La Terre était-elle vraiment plate, et le soleil et la lune tournaient-ils autour d'elle ? Pouvait-il exister d'autres mondes ? Vous devez dès lors comprendre que la fin du XV° siècle laissa les hommes en train de se frotter les yeux, à demi éveillés et mal à l'aise, mais en train de penser, de penser ferme."
LE VENT DE L'AUBE
Vers les deux heures du matin, ouvrant la fenêtre et l'oreille,
Vous entendrez les pieds du Vent courir au-devant du soleil.
Et les arbres à l'ombre bruissent, et ceux au clair de lune luisent,
Et malgré le noir de la nuit, vous sentez que la nuit s'épuise.
Tel font les vaches dans le champ, qui broutent une heure, et se couchent.
Tant sommeillant que ruminant. Dans le lierre un oiseau se trousse,
Gazouille une note et se tait. Et le Vent inquiet fraichit,
Qui suit, tâtillonnant, sa route. Et voici que la nuit blanchit.
Revient le Vent à toute allure, avec le coup d'aile d'un ange,
Doux, mais qui réveille le monde au cri: « Le Soleil! Le Soleil !
La lumière flue sur les champs, les oiseaux trillent leur louange,
Et le Vent dans l'herbe se meurt... C'est le jour, il désappareille.
Ainsi lorsque le monde dort, sans espoir de le réveiller
De quelque mauvais rêve long, qui le fait geindre et grommeler,
Soudain, voici les hommes là, debout au bruit d'un bris de chaînes,
Et chacun sourit au voisin, et lui dit que son âme est sienne!
§§§§§§§§§§§§§§§§§§§
The Dawn Wind
At two o'clock in the morning, if you open your window and listen,
You will hear the feet of the Wind that is going to call the sun.
And the trees in the shadow rustle and the trees in the moonlight glisten,
And though it is deep, dark night, you feel that the night is done.
So do the cows in the field. They graze for an hour and lie down,
Dozing and chewing the cud; or a bird in the ivy wakes,
Chirrups one note and is still, and the restless Wind strays on,
Fidgeting far down the road, till, softly, the darkness breaks.
Back comes the Wind full strength with a blow like an angel's wing,
Gentle but waking the world, as he shouts: "The Sun! The Sun!"
And the light floods over the fields and the birds begin to sing,
And the Wind dies down in the grass. It is day and his work is done.
So when the world is asleep, and there seems no hope of her waking
Out of some long, bad dream that makes her mutter and moan,
Suddenly, all men arise to the noise of fetters breaking,
And every one smiles at his neighbour and tells him his soul is his own!
Laisser un commentaire