https://fr.wikisource.org/wiki/Discussion_Auteur:Rudyard_Kipling
Pierre-Jean Jouve : Traducteur de Les Septs mers sous le pseudonyme de Daniel Rosé (1887-1976) (le nom de jeune fille de la mère de l'écrivain) en collaboration avec Maud Kendall (proche de Blanche Reverchon, compagne de Jouve),Stock, 1924
Le texte a été repris dans le second volume de la Pléiade qui lui est consacré. Œuvre 2, 1987.
Engagé dans plusieurs projets éditoriaux, Pierre Jean Jouve choisit de prendre un pseudonyme pour cette traduction. Ce n'est vraisemblablement pas pour se dissimuler.
(Je n'ai pas encore accès au texte, cette page est donc pour l'instant encore en travaux)
Poète, romancier et critique, c'est le traducteur qui nous intéresse ici, ou plutôt le traducteur-poète : Wikipedia relève les traductions suivantes, omettant d'ailleurs sa traduction de Kipling :
—Poèmes de la Folie de Hölderlin, avec la collaboration de Pierre Klossowski;
—La Tragédie de Roméo et Juliette de Shakespeare, traduction de Pierre Jean Jouve et Georges Pitoëf. Maud Kendall ayant sans doute participé à cette traduction
—Sonnets de Shakespeare.
— Les Trois Sœurs, de Tchekhov,avec Georges et Ludmilla Pitoëff
— Poèmes de Giuseppe Ungaretti,
—Macbeth de Shakespeare. Là encore Maud Kendall participe à la traduction.
—Othello de William Shakespeare,
— Lulu, de Frank Wedekind,
Il manque donc Kipling à ce relevé, mais également Knut Hamsun, R. Tagore,Thérèse d'Avila, François d'Assise, Gongora, Eugenio Montale, Giuseppe Ungaretti, Aldo Caparasso, Büchner et Frank Wedekind...
Les informations suivantes viennent de l'analyse de l'essai de Laure Himy-Piéri, Pierre jean Jouve, La modernité des possibles, Classiques Garnier, par Jean-Paul Louis-Lambert, disponible sur le site dédié à Pierre Jean Jouve © Jean-Paul Louis-Lambert et Poezibao
Traducteur, P. J. Jouve ne parle aucune langue étrangère et demande : " à un collaborateur de lui faire une traduction littérale, qu'ensuite il retouchait avec sa patte si spéciale."
Selon Laure Himy-Piery il y a deux catégories de traducteurs : "Les « sourciers », qui veulent d'abord restituer le texte de départ, et les « ciblistes » qui s'intéressent d'abord à la réception. "
La position par rapport à la fidélité au texte de P.J. Jouve est particulière puisqu'il ne le lit pas, seulement la traduction fournie par le spécialiste, ici Maud Kendall.
"Jouve pouvait être très prisonnier du texte ainsi reçu puisqu'il ne pouvait pas en faire une lecture linguistiquement critique — pourtant, il connaissait des usages propres à la poésie anglaise (la possibilité d'élider des syllabes, par exemple) que la poésie française n'autorise pas, ce qu’il regrettait. Par ailleurs, Jouve aimait l'étrangeté des traductions littérales que lui donnaient ses collaborateurs, et il reprend parfois dans sa propre écriture certaines tournures déconcertantes qu'il avait découvertes dans ces matériaux bruts."
Il faut reconnaitre que c'est assez tentant et que le fait de traduire est proche de l'écriture poétique tant le mot à mot peut être évocateur d'images, d'etincelles par simple friction ou heurt entre l'anglais et le français.
Le "risque" étant que Jouve fasse de la traduction d'écrivain et non de traducteur, mais est-ce vraiment un risque ?
Je suis à la recherche d'articles de Caroline Andriot-Saillant
— Le choix des Sept mers de Kipling, Intégrités et transgressions de Pierre Jean Jouve, Cahiers PJJ n°2
— Colloques de Cerisy 2007 : Jouve et les poètes anglais.
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