traductions et traducteurs : Jules Castier

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Castier

                               Jules Castier 1888-1957
Jules Castier (1888-1957) est un ingénieur, poète et traducteur. Fait prisonnier en 1914, il traduit Les Sept Mers et Les Cinq Nations pendant sa captivité (préface datée de décembre 1917, prison de Magdebourg pour le premier ; mars 1918, forteresse de Spandau pour le second). Je ne peux m'empêcher de penser à Jean Dasté, qui joue l'instituteur traducteur de Pindare dans La Grande Illusion et s'évade aussi, à sa manière. Il traduit également Jane Austen, Aldous Huxley, Oscar Wilde, Charlotte Brontë
De Kipling, il traduit en particulier If mais également les recueils Les sept mers et Les cinq nations et Poèmes, choisis et préfacés par T.S Eliot.
En poète, Castier traduit en vers et s'en justifie dans la préface des Sept Mers et dans l'avant-propos des Poèmes choisis par T.S. Eliot Il rappelle les règles de la versification anglaise et sa manière de les adapter en gardant un rythme qui soit à la fois anglais, mais surtout Kiplingien. Il justifie son choix d'utiliser l’élision au plus près du texte « oral » original. Le résultat est intéressant, et je le reproduirai ainsi en recopiant les traductions de Castier mais n’aide pas à la lecture de poème, ce qui m'a conduit à une version plus « tiède ». Il oppose la traduction dynamique et la traduction statique, ce qui est en effet sans doute le critère le plus important, et le défi le plus difficile, une fois le contresens évité. La préface des Cinq Nations est beaucoup plus courte et reprend les éléments principaux de celle des Cinq Mers, les deux recueils ayant paru pratiquement en même temps.

Son choix, à ses yeux justifiés par des errances antérieures, le conduit à choisir le vers : " Je sais bien que les novateurs, les ultra-modernes (qui, dans un lustre ou deux, seront baptisés de "pompiers" par les hyper-ultra-modernes de l'époque, si tant est qu'ils se souviennent d'eux et de leurs petites théories) ont inventé des langages nouveaux, "prose lyrique", ""prose rythmée" etc.. pour supplier à la difficulté de l'effort pour écrire, soit en prose soit en vers"(Préface des Sept Mers). Il sera plus vif dans la préface de la sélection de T.S Eliot : " Le contenu de ces poèmes, on le connaît d'ailleurs, en grande partie, car il ne diffère guère de celui des contes; mais la forme, rythmée, martelée, richement rimée (presque toujours), chantante, ailée, la forme, on ne la connaît pas, pour l'excellente raison que, si tant est que quelques-uns de ces vers aient été traduits, ils l'ont été à peu près uniquement en prose, ce qui a eu impitoyablement pour effet de leur enlever tout ce qui en constitue le caractère propre, de leur rogner les ailes,— c'est-à-dire de les diminuer de moitié ou des trois quarts—, de les émasculer, ces vers d'une virilité si puissante. C'est pourquoi une traduction en vers (au moins approximatifs : il ne saurait s'agir ici d'une régularité parnassienne!) m'a paru s'im-poser".

Si cette position permet à Castier de faire une transposition très riche des poèmes, parfois virtuose dans leur concision et leur effet, de préserver le rythme si important chez Kipling, elle est parfois un peu acrobatique. Son parti pris de préserver l'oralité passe bien quand les marques en sont légères, mais peuvent rendre difficiles la lecture de certains poèmes, l'édition souffrant également d'un manque de notes les rendant encore plus obscurs.
Dans tous les cas, un bon nombre de ces poèmes mériteraient d'être réédités.


Il reste le principal traducteur des poèmes de Kipling :

Les Sept mers, poèmes, Paris : L. Conard, 1920
pour lire la préface.

Les cinq Nations, poèmes, Paris : L. Conard 1920

— Kipling, Poèmes, choisis et préfacés par T. S. Eliot, R. Laffont ; Pavillons. Collection Amalthée, 1949

Une réponse à « traductions et traducteurs : Jules Castier »

  1. […] Conard, Paris 1920(Pour voir le sommaire et accéder aux poèmes de The Seven Seas)(Pour voir sa fiche traducteur)"PRÉFACE DU TRADUCTEUR : La poésie d'une nation demeure, en général, la propriété exclusive […]

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