Une fin (1882)
Poème de jeunesse non publié par Kipling
Poème adressé à « Flo » Garrard, son amour malheureux.
Traduction : sauf erreur, ce poème n’a pas été traduit en français.
Le poème est écrit en vers libre, forme rare chez Kipling, peut-être inspiré par Walt Whitman.
Une fin : traduction incertaine de An Ending, ce serait plutôt un bilan ?
Une Fin
Ô ma bien-aimée ! Le meilleur que j’aie jamais écrit,
Ce que j’ai de meilleur et le plus parfait
Tout ce que j’ai jamais façonné de bon
Est à toi, à toi seule…
Le labeur du matin est à toi—
Le labeur dans le silence, seul et dans la peine est à toi.
Le labeur dans les ténèbres et le gel de l’esprit est à toi,
À toi et à toi seule.
As-tu oublié — il y a bien longtemps, à la fin de l’automne —
Au temps des feuilles flétries et des tempêtes naissantes,
Face à une année qui meurt lentement,
Comment, un jour— lorsque la marée courait vers la mer
Et que la nuit venait doucement vers nous au-dessus des bancs,
Tu as posé tes lèvres sur mon front
Et m’as appelé — l’as-tu oublié ? — ton poète ?
Tu m’as appelé, misérable que j’étais, ton poète
En vertu des quelques faibles rimes que j’avais écrites :
Sans rime, et ne disant rien.
Pourrais-tu deviner comment je me suis consacré à ton service,
Par un serment que je n’ai jamais rompu depuis,
Par un serment — le seul de ma jeunesse auquel je suis resté fidèle ?
Pourrais-tu deviner, au fil des années, à quel point j’étais lié à toi ? —
Pourrais-tu deviner le dessein que je m’étais fixé,
Les promesses dont les premiers fruits sont ici, à ta disposition ? —
Je ne le pense pas.
Maintenant que j’ai accompli quelque chose,
Très peu, en vérité, mais tout de même quelque chose —
Faits, parfois douloureusement, parfois joyeusement, souvent amèrement—
Faits, comme un garçon les faits : imparfaits voulant être parfaits.
De nombreux échecs, mais révélateurs de ce qui était voulu,
Ils sont à toi et à toi seule—
Par le pouvoir et l’emprise que tu as sur moi,
À toi et à toi seule.
Par les épreuves et les peines que nous avons endurées ensemble,
Par les conseils, l'aide et la force que tu m'as donnés,
Par l'influence de ton âme sur mon âme,
Par les longues veillées que nous avons passées ensemble,
Par le lien profond qui nous unit,
À toi et à toi seule.
An Ending
Oh dearest! the best I have ever written,
The best and most perfect of me,
All things good I have ever fashioned
Are yours and yours only, ...
The labour of the morning is yours—
The labour in silence, and alone and in trouble is yours.
The labour in darkness and the mind's frost is yours,
Yours and yours only.
Have you forgotten—long ago in the fall of the autumn—
In the time of withered leaves and waking tempests,
In the face of a slowly dying year
How once—when the tide was running seaward
And night came to us softly over the flats,
You put your lips to my forehead
And called me—Have you forgotten it—your poet?
Called me, miserable that I was, your poet
By virtue of the few weak rhymes I had written:—
Unrhymed, and saying nothing.
Could you guess how I was consecrate to your service,
By an oath I have never since broken,
By an oath—the only one of my old days, I have held to?
Could you guess in the after years how I was bound to you?—
Could you guess the purpose I set for myself,
The promises, whose first fruits are here for your taking?—
I think not.
Now that I have accomplished a little,
Very little truly, but still a little—
Made, painfully some, joyfully others, bitterly many,—
Made, as a boy makes them—imperfect meaning to be perfect.
Failures many, but telling of what was intended,
They are yours and yours only—
By the power and the dominance that you have over me,
Yours and yours only.
By the trouble and pains we endured together,
By the council and the help, and the strength which you gave me,
By the influence of your soul over my soul,
By year long vigils watched out together,
By the great tie that is between us,
Yours and yours only.
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