E.5. Edgehill Fight

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                                    Le combat d’Edgehill (1911)

A School History of England
Situé au milieu de Chapitre VIII : «  The Early Stuarts and the Great Civil War, 1603-1660.
Le poème est sans titre mais connu  sous plusieurs noms : Before Edhgehill, Before Edgehill Fight, Edgehill, The Civil Wars.

La bataille D’Edgehill a eu lieu en octobre 1642 et opposa Les Royalistes commandés par le Roi Charles I et le prince Rupert son neveu, et les Parlementaires commandé par le Duc d’Essex. La bataille n’avait pas grand enjeu stratégique et fut peu concluante, mais elle marque le début de la guerre civile fratricide, les sentiments éprouvés intéressent davantage ici Kipling qu’une scène de bataille.

Traduction : de Louis Fabulet, Une histoire de l’Angleterre  pour la jeunesse, Delagrave 1932.  je n’ai pas cet ouvrage.

"Elle aurait dû passer dans un nuage de feu" : référence biblique : Exode 14,24 : Yahvé protège la fuite des hébreux au moment de traverser la mer Rouge sous la forme d’un pilier de nuage et de feu.
La deuxième strophe est un peu obscure : « Elle » renvoie à la « terre patiente ». En cette période de l’année, les chaumes auraient dû être brûlés par les paysans, et non par la guerre.
La « guerre rouge » renvoie au fratricide de la Génèse, qui est également un crime contre Dieu le Père. Kipling utilise le mot « sire » qui désigne à la fois le père et le roi. La guerre civile étant à la fois fratricide et régicide. La construction « Guerre, guerre rouge », peut également évoquer les paroles de la Sibylle à Enée (Virgile Enéide) prophétisant la guerre entre Troyens et Italiens
Sommet/ plaine : les Royalistes occupaient le sommet d’une colline.
« Plus amer que la mort » Ecclesiastes 7.26 : « Et j'ai trouvé plus amère que la mort la femme dont le coeur est un piège et un filet, »

                                  Le combat d'Edgehill

Nus et gris se dressent les Cotswolds
Sous le soleil d’automne,
Et les champs de chaume de part et d’autre
Où coulent la Stour et l’Avon.
Rien ne change sur cette terre patiente
Qui nous a tous vus naître.

Elle aurait dû passer dans un nuage de feu
Et nous sauver de ce péché
De guerre – une guerre rouge – entre enfant et père,
Foyer, proches et parents,
Au cœur d’un comté assoupi des Midlands.
Alors que la moisson est à peine rentrée.

Mais rien n’a changé alors que nous nous rencontrons enfin
Sur la sommet ou dans la plaine,
Et les rangs, novices et stupéfaits, tiennent bon
Pour tuer ou être tués
Par les hommes qu’ils connaissaient dans un passé bienveillant
Qui ne reviendra jamais –

Par les hommes qu’ils rencontraient à la danse ou à la chasse,
À la taverne ou dans la grande salle,
Au tribunal et sur la place du marché,
Au jeu de bâton ou à la bagarre –
De leur propre sang, de leur langue et de leur race,
Tous camarades ou voisins !

Ce jour doit s'avérer plus amer que la mort,
Quelle que soit l'issue,
Car les frères des jeunes filles que nous aimons
Se préparent à tuer
Les amoureux de leurs sœurs, tandis que nous marchons
Contre notre ennemi le plus cher.

Dieu merci ! Enfin, les trompettes retentissent
Avant que nos forces ne cèdentt.
Pour le roi ou pour le bien commun –
Peu importe ce qu’ils disent,
Le premier cliquetis sec de l’acier nouvellement dégainé
Change le monde aujourd’hui !


                       Edgehill Fight
1
Naked and grey the Cotswolds stand
Beneath the autumn sun,
And the stubble-fields on either hand
Where Stour and Avon run.
There is no change in the patient land
That has bred us every one.
2
She should have passed in cloud and fire
And saved us from this sin
Of war–red war–'twixt child and sire,
Household and kith and kin,
In the heart of a sleepy Midland shire.
With the harvest scarcely in.
3
But there is no change as we meet at last
On the brow-head or the plain,
And the raw astonished ranks stand fast
To slay or to be slain
By the men they knew in the kindly past
That shall never come again–
4
By the men they met at dance or chase,
In the tavern or the hall,
At the justice-bench and the market-place,
At the cudgel-play or brawl–
Of their own blood and speech and race,
Comrades or neighbours all!
5
More bitter than death this day must prove
Whichever way it go,
For the brothers of the maids we love
Make ready to lay low
Their sisters sweethearts, as we move
Against our dearest foe.
6
Thank Heaven! At last the trumpets peal
Before our strength gives way.
For King or for the Commonweal–
No matter which they say,
The first dry rattle of new-drawn steel
Changes the world to-day!

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