F.21. For a Picture

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                                         Pour une image ( 1881)
(Venus Meretrix)

Sundry Phansies
Cahier de poèmes manuscrits dédiés à Flo Garrard, amour de jeunesse malheureux de Kipling.
Traduction : sauf erreur ce poème n’a pas été traduit en français.
Venus Meretrix, (Vénus prostituée) est le premier titre du poème, changé quand il a été envoyé à Flo Garrard…
Dans la dernière stophe « Tu t’en iras » perd l’ambiguïté de l’anglais « you will pass away » qui signifie mourir, confirmé par les vers suivants et qui semble bien le sens premier.
Les deux titres de ce poème me restent l’un comme l’autre obscurs.

Pour une image

Voici ce que je suis pour toi—
Si je quittais ta maison
Sans jamais revenir—
Tu attendrais un moment, c’est vrai,
Tu élèverais la voix— tu m’appellerais—
Tu accueillerais quelque Amant chez toi
et tu serais tout pour lui.

Voilà ce que je suis pour toi —
Alors que je me réjouis avec toi dans ta maison —
Et que je vis ton amour plus que tout.
Je ne te crois pas fidèle —
Je sais qu’un jour tu tomberas, —
Une horreur s’abattra sur ta maison dorée
Changeant la joie en amertume.

Pourtant, je m’accroche à toi —
Vivre avec toi sereinement dans ta maison
J’estime que ce n’est pas un gain négligeable.

* * * * *

Quand les années nous viendront pour tous les deux,
Quand tous nos anciens plaisirs auront perdu leur saveur—
Quand les baisers ne suffiront plus, et que nous ne nous aimerons plus ainsi,
Ni ne considérerons l’Amour comme tout—
Tu t’en iras vers une autre demeure,
Silencieuse et funèbre—
Tu te voileras la tête dans cette maison vide,
Sans m’entendre quand j’appellerai—
Ô femme, notre Amour nous quittera,
Pour ne plus jamais revenir !


For a Picture
(Venus Meretrix)

This much am I to you—
If I departed out of your house
Coming no more at all—
You would wait a while tis true
You would lift your voice—You would call—
You would take some Lover into your house
And be to him all in all.

This much am I to you—
As I take delight with you in your house—
And live your love of all.
I do not hold you true—
I know some day you will fall,—
A horror will come on your gilded house
Turning delight to gall.

Yet still I hold to you—
Living with you at ease in your house
I count the gain not small.

* * * * *

When the years shall come to both of us
When all old pleasures pall,—
When kisses fail, and we love not thus,
Nor hold Love all in all—
You will pass away to another house
Silent and funeral—
You will veil your head in the empty house
Nor hear me when I call—
Oh woman our Love will go from us,
Coming no more at all!

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