E.16. Epitaphs of the War 1914-1918 ( début)

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                                          Epitaphes de la Guerre (1919)
                                                    1914-1918

The years Between> Inclusive Verse
Ces épitaphes font partie de la sélection de T.S. Eliot A Choice of Kipling’s Verse, 1941.
Inspirées d’une anthologie grecque qui regroupe des épitaphes ( inscription commémorative sur une tombe).
Membre de la Commission des tombes de guerre impériale, Kipling a composé ou choisi des  des épitaphes réelles :
Soldats inconnus :" Know unto God"
Soldats dont la tombe a été  déplacée et perdue pendant la Guerre : "Their glory shall not be blotted out"
Soldats enterré dans un cimetière mais sans emplacement certain : "Believed to be buried in this cemetery"
Les épitaphes : "The glorious dead" et "Their name liveth for evermore " figurent sur des momnuments commémoratifs.

En revanche, les épitaphes publiées dans The Years Between sont une œuvre d’imagination :
"Toutes les épitaphes de mon « Inclusive Verse » auxquelles vous faites référence sont entièrement imaginaires. Elles traitent de formes de mort qui ont fort bien pu frapper des hommes et des femmes au cours de la Guerre, mais ne reposent sur aucun fondement ni personnel ni géographique. [Lettre de Rudyard Kipling au colonel C. H. Milburn, citée dans l’article de Milburn sur les Épitaphes de Kipling]"

Le fait que le fils de Kipling soit mort dans les tranchées en 1915 et son corps jamais retrouvé donne évidemment une tonalité particulière à ses épitaphes « imaginaires ", en particulier Un fils, qui commence par "Mon fils"… et Un fils unique.

La forme brève convient à Kipling qui en peu de mots évoque une silhouette, une action, une personnalité de manière saisissante.

Traduction :
—quelques épitaphes ont été traduites par Victor Glachant, Etude sur Rudyard Kipling, chantre de la Grande Guerre, Librairie de France,1922.
— En vers rimés par Jules Castier, Kipling, Poèmes choisis par T.S. Eliot, Robert Laffont, 1949

Un serviteur : la formule finale rappelle le célèbre poème de Kipling Gunga Din, porteur d’eau hindou qui se sacrifie pour un soldat anglais. Le dernier vers est : "You're a better man than I am, Gunga Din !"


                                                      Epitaphes de la Guerre


                           ÉGALITÉ DANS LE SACRIFICE
A. « J’étais de ceux qui possédaient. » B. « J’étais de ceux qui ne possédaient pas. »
(À l’unisson.) « Qu’as-tu donné que je n’aie pas donné ? »

                            UN SERVITEUR
Nous étions ensemble depuis le début de la Guerre.
C'était mon serviteur— et le meilleur des deux


                             UN FILS
Mon fils a été tué alors qu'il riait d'une plaisanterie. Si seulement je savais
Ce que c’était, cela pourrait me servir à une époque où les plaisanteries sont rares.

                             UN FILS UNIQUE
Je n'ai tué personne, sauf ma Mère.
Elle (bénissant le meurtrier) est morte de chagrin à cause de moi.

                            ANCIEN COMMIS
N’ayez pas pitié ! L’armée a donné
La Liberté à un esclave timide :
Dans cette Liberté, il a trouvé
Force du corps, de la volonté et de l’esprit :
Grâce à cette force, il a pu connaître
Joie, Camaraderie et Amour :
Pour cet Amour, il est allé à la Mort :
Dans cette Mort, il repose satisfait


                     LE PRODIGE
Corps et Âme, je me suis livré tout entier
À des instructeurs sévères — et j’ai reçu une âme…
Si un simple mortel a pu me transformer de fond en comble,
De tout ce que j’étais — que ne pourrait faire Dieu ?

                  UN SOLDAT HINDOU EN FRANCE
Cet homme dans son pays,  priait nous ne savons pas quelles puissances.
Nous Les prions de le récompenser pour sa bravoure dans le nôtre.


A suivre...

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