Les hyènes (1919)
The Years Between > Inclusive Verse
Traduction : sauf erreur le poème n’a pas été traduit en français.
Le poème, basé sur une expérience vécue par Kipling en Afrique du Sud où il a vu des charognards déterrer les corps des soldats inhumés, ne révèle qu’à la fin qu’il ne s’agit pas d’un simple texte descriptif, mais d’une attaque contre un certain journalisme qui s’attaquent aux morts qui ne peuvent plus se défendre. C’est l’interprétation de Kipling lui même, qui place même la supposée hyène répugnante au dessus du journaliste qui manipule les morts. Les critiques ont associé de manière moins évidente les hommes politiques aux journalistes, sans doute parce que Kipling les détestait aussi. Mais il est également probable que Kipling fasse référence à la mort de son propre fils au front en 1915 dont le corps n’a pas été retrouvé, mort dont on l’a rendu responsable, à cause de ses idées militaristes, et aussi en facilitant son incorporation. Si la métaphore du chien, de la hyène et autres charognards pour désigner«une certaine presse » à scandale ou trop indépendante, est assez commune encore aujourd'hui, Kipling a peut-être quelque raison de l'utiliser à l'époque.
Milan (Kite) : Rapace en grande partie charognard, Chill dans The Jungle Book est un milan noir, souvent traduit en français par vautour. Kipling avait déjà décrit le milan comme charognard des futurs soldats morts dans le poème Birds of Prey March
Les hyènes
Une fois que les détachements funéraires se sont éloignés
Et que les milans déconcertés se sont enfuis ;
Les hyènes avisées sortent au crépuscule
Pour faire leur décompte de nos morts.
Comment il est mort et pourquoi il est mort
Cela ne les trouble pas le moins du monde.
Ils écartent les buissons et les pierres à coups de museau
Et creusent jusqu’à ce qu’elles tombent dessus.
Elles ne sont résolues qu’à se nourrir,
Afin qu’elles et leurs semblables puissent prospérer,
Et elles savent que les morts constituent une viande plus sûre
Que la plus faible créature vivante.
(Car une chèvre peut donner un coup de corne, une vermine peut piquer,
et un enfant peut parfois tenir tête ;
mais un pauvre soldat du Roi mort,
ne pourra jamais lever la main.)
Elles poussent des cris et des hurlements et dispersent la terre
Jusqu’à ce que leurs crocs blancs
S’agrippent fermement à la chemise militaire,
Et tirent le cadavre au jour,
Et ce visage pitoyable se dévoile à nouveau
L'espace d'un instant avant qu’ils ne se referment ;
Mais il n’est pas révélé aux vivants —
Seulement à Dieu et à ceux
Qui, dépourvus d’âme, sont exempts de toute honte,
Quelle que soit la chair qu’ils trouvent.
Et elles ne souillent pas non plus la mémoire du défunt —
Ce rôle est réservé à ceux de son espèce.
The Hyaenas
1
After the burial-parties leave
And the baffled kites have fled;
The wise hyænas come out at eve
To take account of our dead.
2
How he died and why he died
Troubles them not a whit.
They snout the bushes and stones aside
And dig till they come to it.
3
They are only resolute they shall eat
That they and their mates may thrive,
And they know that the dead are safer meat
Than the weakest thing alive.
4
(For a goat may butt, and a worm may sting,
And a child will sometimes stand;
But a poor dead soldier of the King
Can never lift a hand.)
5
They whoop and halloo and scatter the dirt
Until their tushes white
Take good hold in the army shirt,
And tug the corpse to light,
6
And the pitiful face is shewn again
For an instant ere they close;
But it is not discovered to living men—
Only to God and to those
7
Who, being soulless, are free from shame,
Whatever meat they may find.
Nor do they defile the dead man’s name—
That is reserved for his kind.
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