Index Malorum (1881)
United Service College Chronicle
Publié dans le journal du collège, non publié ensuite par Kipling.
Pastiche de Tennyson, In Memoriam, dont il reprend le rythme associé à une poésie très sombre.
Traduction : sauf erreur le poème n’a pas été traduit en français
L’Index Malorum est une liste des malheurs ou des démons. Le poème décrit un sentiment très ambigu. Les collégiens subissent le froid en attendant un Noël qui avec les cadeaux, leur rappellera surtout leur éloignement loin du confort et de la chaleur du foyer, et leur sentiment d’abandon de leurs parents qui, bien au chaud, pensent à eux…quelquefois. L’index Malorum ne s’arrête pas là où on pourrait le penser.
Goosey Pool : Mare près du collège.
Bleu : en plus de la couleur, bleu signifie être triste/déprimé
Devonien : relatif à la région du Devon
Index Malorum
Les vagues déchaînées battent contre le rivage,
Le sable est moucheté d'écume virevoltante,
Les falaises se sont cachées dans la pénombre,
On allume le gaz à quatre heures et demie.
Les courants d'air s'engouffrent de tous côtés,
Sans but, et nos corps se glacent ;
Nous bouchons le rebord de la fenêtre avec du bois
Et frissonnons dans l'air mordant.
Nous sommes assis là, frissonnants, rangée après rangée,
Nous nous enveloppons dans des couvertures et des manteaux,
Les cheminées emplissent la pièce de fumée,
Et nous—nous aimerions qu’il n’en soit pas ainsi.
Le givre recouvre de blanc Goosey Pool,
La gelée blance scintille sur les herbes,
Nous parlons de carres intérieures et extérieures,
Et nous astiquons nos patins dans toute l'école.
Même si les heures sont mornes et les journées froides,
Et que le moral, le nez et les doigts sont bleus,
Cet long trimestre se traîne lentement jusqu’au bout,
Et nous apporte des mets et l’or de Noël —
Le cadeau de ceux qui nous aiment tant
Et qui nous envoient sur les plages du Dévonien,
Et qui, assis, frottent leurs mains paternelles
À la lueur d'un feu large d'un yard.
Ils pensent parfois à nous. Hélas,
Leur confort s'offrent à nos yeux
Avec trop de vivacité chaque fois que nous nous levons
Et que nous entendons les glaçons tinter dans le verre.
Index Malorum
1
The wild waves beat upon the shore,
The sand is flecked with flying spume,
The cliffs have hid themselves in gloom,
The gas is lit at half past four.
2
The draughts are flying here and there
All aimless, and our bodies chill;
We plug with wood the window sill
And shiver in the nipping air.
3
We sit and shiver row on row,
We wrap ourselves in rug and cloak,
The chimneys fill the room with smoke,
And we—we wish it were not so.
4
The rime lies white on Goosey Pool,
The hoar frost glitters from the sedge,
We talk of in- and outer- edge,
And furbish skates throughout the School.
5
Tho' hours be dull and days be cold,
And spirits, noses, fingers, blue,
This longest term wears slowly through,
And brings us cates, and Christmas gold—
6
The gift of those that love us so
And send us to Devonian strands,
And sit and rub paternal hands
Behind a yard-broad fire's glow.
7
They think of us sometimes. Alas,
Their comforts come before our eyes
Too vividly whene'er we rise
And hear the ice clink in the glass.
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