La porte d’entrée (1881)
Schoolboy Lyrics > The Outward Bond Edition
A son retour en Inde, à 16 ans, la mère de Kipling regroupe dans une édition privée ses poèmes de collégien.
Traduction : sauf erreur ce poème n’a pas été traduit en francais.
Ce poème est sans doute la première incursion de Kipling dans le domaine du fantastique, genre qu'il utilisera avec talent à plusieurs reprises.
La parole donnée à un "objet" sera un procédé souvent utilisé par Kipling.( phare, bateau, cloche, etc...)
La porte d’entrée
Je me tiens là et monte la garde— ceux qui disent que
Dans la matière il n’y a pas d’esprit, mentent ;
La maisonnée palpite et bat à travers moi,
Le sens des rues bondées
M’est évident, et une fois par an, je peux
Laisser entrer les êtres du Ciel.
Âmes perdues qui reviennent sur Terre
Pour voir si ceux qu’elles ont aimés se portent bien,
Et découvrir que l’attachement qu’elles avaient dans leur cœur,
Si fort dans la vie, s’évanouit dans la mort ;
C’est pourquoi, dans des éclats de rires silencieux,
Chacune rejoint sa place en Enfer.
Le rideau, par une nuit d’hiver,
Se débat et claque comme s’il combattait ;
Dans chaque pli, une force de l’air ;
Les invisibles occupent chaque chaise vide ;
Les vivants n'accordent pas la moindre pensée
À ceux qui ne sont pas sous leurs yeux.
La Vie et la Mort obscure vont main dans la main,
Croyez ou ne croyez pas à mon histoire, —
Comment la Mort est la Vie, comment la Vie est la Mort,
Comment l’esprit erre,
Comment ni verrous ni barreaux ne peuvent rien
Pour nous garder de l’Autre Monde.
The Front Door
I stand and guard—such ones as say
In matter lives no spirit, lie;
The household through me throbs and beats,
The meaning of the crowded streets
Is plain, and once a year I may
Admit the beings of the sky.
Lost souls revisiting the earth
To see old loves that they be well,
And find their hold upon the heart,
In life so strong, in death depart;
Wherefore with peals of soundless mirth
Goes each one to his place in hell.
The curtain on a winter's night
Struggles and beats as if it fought
In every fold a power of air;
The unseen fills each vacant chair;
The living lavish not a thought
On those that are not in their sight.
Life and dark death go hand in hand,
Believe or disbelieve my tale,—
How Death is Life, how Life is Death,
How that the spirit wandereth,
How bolts and bars may not prevail
To guard us from the Other Land.
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