Traducteurs et traductions : Louis Henri Nouveau

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                       Louis Henri Nouveau, dit Saint-Jean (1895-1966)
Fiche wikipedia en anglais
Fiche mémoire vive de la résistance
Sur la résistance à Marseille et l'activité de Louis Nouveau et de sa famille
Fiche "Memoire des hommes" du Ministère des armées pour faits de résistance.

Uu autre étonnant personnage dans la galerie des traducteurs de Kipling.
Né à Marseille, homme d'affaires, il monte ou développe une entreprise familiale d'armement maritime et de courtage en graines que son fils développera après la guerre.
Poète, traducteur, résistant, chef d'un réseau d'évasion des soldats alliés The Pat Line (réseau Pat O'Leary) qui permet également à son fils jean-Pierre de rejoindre la France libre. Arrêté en février 1943, il passe un an à Fresnes, avant d'être envoyé à Buchenwald, dont il ramènera des témoignages écrits et des dessins.
Saint-Jean est son nom dans la résistance.
Par métier et par goût, anglophile engagé, très certainement bilingue.

Son œuvre littéraire est pour partie autobiographique, liée à son activité de résistance et de prisonnier/déporté, renforcé par ses dessins qui forment un témoignage graphique remarquable.
L'autre partie de son œuvre est poétique, soit en traduction, soit en poèmes originaux dont j'ignore le détail, tous publiés à compte d'auteur chez le même éditeur dijonnais à peu d'exemplaires.

Voici ce que j'ai pu retrouver :

— Rudyard Kipling, Sept poèmes des Barracks Room Ballads, édition bilingue, traduction de L.H. Nouveau, Dijon, Darantière, 1925. édition hors commerce tiré à cent exemplaires. Les liens renvoient à la page dédiée au poème et non à la traduction de Nouveau, dont les droits ne sont pas dans le domaine public et que je ne reproduis donc que très partiellement.
                — To A.T => A Tommy Atkins
— Danny Deever
— Tommy
— Gunga Din
— The widow at Windsor => La Veuve de Windsor
— Mandalay
                —  Shilling a Day => un chillin'par jour


— Préface de En parlant anglais, ne dites pas... mais dites.. Willian J. Campbell, Hachette, 1938 et 1959. Préface numérisée par Gallica. extrait : " Nous pensons que celui qui possédera à fond toutes les tournures qu'indique le présent livre, pourra être compris de tout Anglais, lui faire comprendre à peu près tout ce qu'il voudra,en un mot, soutenir une conversation de tous les jours, puis, comme deuxième stade et récompense à son effort, lire avec plaisir, souvent avec joie, les bons auteurs, Dickens ou Kipling, Meredith ou Conrad, puis les grands poètes, dont chaque ver sera lumineux et chantera pour son cerveau et son cœur, au lieu d'être le sujet morose de versions décourageantes."
— Des capitaines par milliers, retour à Gibraltar des aviateurs alliés abattus (1941-43), Clamant-Levy,1958. Avec autoportrait de l'auteur dans sa cellule de Fresnes en Juin 45. Il s'agit d'un livre de mémoires liés à son activité de résistant spécialisé dans l'évasion, en particulier de pilotes de la RAF, de soldats évadés,de résistants et le passage en zone libre. En partie numérisé par Gallica.
—Un autre monde, seize mois à Buchenwald, Calmann-Levy, 1961, illustré par 38 dessins de l'auteur.

Sans date :
— 58 poèmes, imprimerie Darantière, Paris 1965, tiré à environ 180 exemplaires, l'un est dédicacé à Georges Blin, Professeur de Littérature au Collège de France.( Le premier poème est une traduction de T.S.Eliot, j'ignore si ces 58 poèmes sont de Louis Nouveau, ou si ce sont des traductions)
— L.N. Sept poèmes pour Yvonne, imprimerie Darantière.

Concernant Kipling :

Je recherche ses ayants droits pour des droits de reproduction.

Dans un article d'avril 1949 du Kipling Journal , n°89  p.15, Basil Bazley cite un certain nombre de  commentateurs et de traducteurs de kipling, dont Marcel Brion qui cite le début de traduction de L.H. Nouveau en précisant qu'il s'agit d'argot :

"BALLADS IN RHYMED FRENCH SLANG
We ought to be grateful to M. Brion, not only for his clever appreciation but for including some of the Barrack- Room Ballads, translated into rhymed French slang in a marvellous way by M. L. H. Nouveau.
"

Il cite les premiers de Tommy, effectivement en argot même si ce n'est pas le cas pour tout les poèmes dont le niveau de langue peut varier de l'argot (en général militaire) à un parler oral populaire sans être argotique, à un registre plus soutenu.

Les sept poèmes traduits sont parmis les plus connus des Barrack Room Ballads en France, à l'exception peut-être de The Widow of Windsor, mais Nouveau peut ausi bien avoir choisi des poèmes populaires en Angleterre à cette époque.

L.H. Nouveau traduit en conservant une forme poétique qui préserve le plus souvent la rime et leur alternance originale, ainsi que la disposition et le découpage des vers. Certaines rimes internes sont conservées. La comparaison avec les autres traductions montre à mon avis la qualité de son travail et justifie sa présence parmi les autres traducteurs de Kipling.

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