Le Païen (1895)
McClure Magazine> The Seven Seas
Un premier jet est intitulé : The Recruit’s Progress avec un sous titre A Song of degrees, référence à la fois à The Pilgrim’s Progress de John Bunyan et à l’initiation maçonnique. La métaphore du païen vient d’une citation d’un hymne missionnaire célèbre : « From Greenland icy moutains » de R.Heber (1783-1826). qui permet d’identifier la recrue sortant de la rue pour devenir un fringant sous-officier aguerri au « vil » païen adorateur d’idole à convertir. Ghandi critique cet hymne en 1925. Le poème de Kipling n’est pas religieux mais garde la trace d’une progression initiatique par la vie militaire qui « élève » et « sauve» l’homme.
Ce poème fait partie de la section Barrack-Room Ballads de The Seven Seas. Il a donc pour sujet la vie militaire des soldats du rangs, avec leur langage.
The ‘Eathen est un des plus cités pour souligner, parfois avec surprise, l’exactitude des descriptions de Kipling, qui ne fut jamais soldat. Peut-être néglige-t-on le fait qu’il fut un très bon journaliste, et un conteur imaginatif capable de s’identifier aussi bien aux choses qu’aux bêtes et aux gens.
Ce poème a été inclus par T.S. Eliot dans sa sélection de poèmes de Kipling.
Traduction : Jules Castier n’a pas inclus les Barrack-Room Ballads dans sa traduction de The Seven Seas, mais traduit The ‘Eathen dans Kipling, Poèmes choisis par TS.Eliot Robert Laffont 1949.
Le parler militaire utilisé par Kipling utilise un vocabulaire, une syntaxe et une prononciation particulière. La prononciation mime l’oral par élision ( ‘eathen > heathen) j’ai choisi de ne pas chercher à la conserver à tout prix. La traduction de Castier propose une adaptation qui permet de mieux sentir le ton "Barrack-Room Ballads"
Kipling donne en note la traduction de : « abby nay » : pas maintenant ; « kull » : demain ; « Hazar-no » attends un peu
Caporal-Lance : promotion qui peut donner des responsabilités mais aucun avantage
Sergent-chef : traduction de Colour-Sergeant plus proche de sergent-major, ou major, plus haut grade des sous-officiers.
Ranker : dans l’armée anglaise sans conscription, le « gentleman-ranker » est un soldat engagé qui vient d’un milieu supérieur au soldat du rang qui sort « de la rue ». Il peuvent avoir des moyens qui leur permettent de payer les autres soldats pour faire leur corvées ou acheter des permissions.
Le Païen
Le païen, dans son aveuglement, se prosterne devant le bois et la pierre ;
Il n'obéit à aucun ordre, sauf s'ils sont les siens ;
Il tient ses armes affreusement : il les laisse traîner partout,
Puis arrive le Régiment et déloge le païen.
Toujours sale, toujours en désordre,
Toujours à faire les choses à peu près,
Toujours à dire « abby-nay », « kul » et « hazar-ho »,
Veille à garder ton fusil et toi-même comme il faut !
La jeune recrue est arrogante – il vient de Dieu sait où;
On lui ordonne de montrer ses chaussettes et de faire son lit au carré ;
Il trouve ça d’un fichu ridicule – il n'en sait pas plus –
Et voilà que sa Compagnie débarque et le roue de coups au sol !
La jeune recrue est traitée rudement – il le prend très mal ;
Il baisse la tête et marmonne – il boude dans la cour ;
Il parle de « tyrans cruels » pour qui il sera pendu tôt ou tard,
Et les autres l’entendent et se moquent de lui, et le garçon s’en va pleurer.
La jeune recrue est stupide : il pense au suicide.
Il a perdu son instinct de gamin des rues ; il n'a plus de fierté ;
Mais jour après jour, on le roue de coups, ce qui l'aide à progresser un peu,
Jusqu'à ce qu'il se retrouve un matin avec un équipement complet et en règle.
Débarrassé de la saleté, débarrassé du désordre,
Débarrassé des choses faites à peu près ;
Il n’aime pas trop les « abby-nay », les « kul » ni les « hazar-ho »
Il apprend à prendre soin de son fusil et de lui-même comme il faut !
La jeune recrue est heureuse – Il bombe le torse comme il faut ;
On le voit se laisser pousser la moustache ; on l'entend claquer ses bottes.
Il apprend à laisser tomber les « bloodies» à chaque mot qu'il lance
Et il montre un torse vigoureux quand il se déshabille pour les barres et les anneaux.
Les sergents cruels-tyrans le surveillent pendant six mois ;
Ils le surveillent avec ses camarades, ils le surveillent avec sa bière ;
Ils le surveillent avec les femmes au bal du régiment,
Et les sergents cruels et tyranniques le proposent pour être caporal-Lance.
Et maintenant, il n'est plus qu'un bon à rien, et toujours simple soldat,
Ils envahissent sa chambre et le provoquent pour voir sa réaction.
Ils le provoquent avec bassesse et ruse, en utilisant toutes les sales coups possibles,
Mais il apprend à maîtriser son tempérament et il apprend à maîtriser son homme.
Et puis, enfin, un sergent-chef, à qui l'on doit obéissance,
Il forme ses hommes au cricket, Il leur apprend à défiler ;
Ils le trouvent vif et habile, remarquablement bien tenu et alerte
Et ainsi, il s'adresse aux officiers qui ont le Corps à cœur
Il apprend à surveiller sans que cela se voie ;
Il apprend à sauver un incapable et à le remettre droit ;
Il apprend à repérer un ranker qui achète une permission pour se défiler ;
Et il apprend à se faire aimer de ses hommes pour qu’ils apprennent à aimer leur travail.
Et quand il s'agit de marcher au pas, il veille à ce que leurs chaussettes soient bien mises,
Et quand il s'agit de passer à l'action, il leur montre comment viser.
Il connaît leur façon de penser et sait exactement ce qu'ils ont en tête.
Il sait quand ils se battent, et quand ils décrochent.
Il connaît chaque caporal bavard qui égare son escouade ;
Il sent ses entrailles se soulever, ses intestins se défaire ;
Il voit ces visages livides qui s'efforcent de sourire,
Et il reste là, à attendre et à souffrir, jusqu’au moment de les abattre.
Et voilà que les horribles balles viennent piquer à traversla poussière,
Et personne ne veut les affronter, mais chaque pauvre bougre doit le faire ;
Alors, comme un homme enchaîné qui n’a pas envie d’y aller,
Ils les font avancer par compagnies, extrêmement raides et lentes.
De leurs cinq années d'instruction, ils ne se souviennent pas de grand-chose,
À part ne pas reculer , marcher au pas et rester en contact.
On dirait un enseignement gaspillé quand ils se baissent, se dispersent et sautillent –
Mais s'ils ne l'avaient pas appris, ils seraient tous éparpillés partout.
Et maintenant, c'est « Qui recule ? », et maintenant, c'est « Qui avance ? »
Et maintenant, c'est « Allez chercher les civières », et maintenant, le capitaine est hors de combat;
Et maintenant, c'est un véritable carnage, mais tout ce temps-là, ils entendent
sa voix, comme lors d'un exercice de caserne, guidant l'arrière-garde.
Il n’en mène pas plus large qu'eux, son cœur est sur le point de se briser,
Mais il les travaille, les travaille, les travaille jusqu'à ce qu'il sente qu'ils prennent le mors;
Les autres tiennent bon jusqu'à ce que les clairons vigilants sonnent,
Et il les enlève, les enlève, les enlève dans la charge qui gagne la journée !
Le païen, dans son aveuglement, se prosterne devant le bois et la pierre ;
Il n'obéit à aucun ordre, sauf s'ils sont les siens.
Le païen, dans son aveuglement, doit finir là où il a commencé,
Mais la colonne vertébrale de l'armée, c'est le sous-officier !
Éloignez-vous de la saleté, éloignez-vous du désordre,
Ne vous contentez pas de faire les choses à peu près.
Finissons-en avec « abby-nay », « kul » et « hazar-ho » ;
Veillez à garder votre fusil et vous-même comme il faut !
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Traduction en vers rimés de J. Castier dans Kipling, Poèmes choisis par TS.Eliot Robert Laffont 1946.
LE PAIEN
L'païen, au fond d'son ignorance, ador' la pierre et l’bois ;
I' n'obéit à aucun ordr', sauf quand i' s'dit: « C'est moi ».
I' laiss' traîner ses armes blanch's, sans jamais d'entretien, —
Et puis arriv' le Régiment, qui purg' c'qu'il a d'païen.
Qui l'purge de tout' sa crasse, en somm', de son fonds d'animal,
Qui l'purg' de fair les chos's à d'mi, de tout fair' tant bienqu'mal,
Qui l'purg' d' la manie d'abby-nay , de kul et d'hazar-ho, —
Tiens ton fusil en bon état, et toi aussi, tout d’go!
L'jeun' bleu tout neuf, il est hautain, — Dieu sait d'où s'est barré;
On lui fait montrer ses chaussett's, et t'nir son lit carré;
I'dit qu'c'est des fichais's, tout ça, car il ne sait rien d'plus, —
Et puis arriv' sa Compagnie, qui vient lui botter l’cul !
L'jeun' bleu tout neuf encaiss' les coups; i'trouv' tout ça bien lourd ;
I'baiss' la tête en marmottant; i'boude au fond d'la cour ;
I'parl' de sals' tyrans cruels, qu'un jour i'f'ra råler,
Et tous les autr's se pay'nt sa tête,— et l'goss' s'en va chialer,
L'jeun' bleu tout neuf, il est bien bête, —i’ parl' d's'suicider.
Il a perdu son cran d'voyou, mais i' n'a pas d’fierté ;
Mais, jour par jour, les bons coups d'pied lui rend'nt servic', vraiment,
Et v'là qu'i s'trouve, un beau matin, soigner son fourniment.
I's'débarrass' de tout sa crass', de son fonds d'animal,
De n'fair' les chos's pas plus qu'à d'mi, de tout fair' tant bien qu'mal;
N'a plus sa manie d'abby-nay, de kul, et d' hazar-ho,
Tient son fusil en bon état, et lui aussi, tout d' go!
L'jeun' bleu tout neuf, il est heureux,— faut I'voir bomber son torse ;
I'laiss' pousser un' bell' moustache, i'claq' ses botts' en force.
I'n'sacre plus avec chaq' mot, i'dit bien moins « Cambronne »,
Et, l'coffre nu pour la barr' fixe, on voit qu'l'étoffe est bonne.
L'sergent cruel, ce noir tyran, l'observ' pendant six mois ;
L'observe avec ses camarad's, l'observ' pendant qu'i' boit;
L'observe avec les femm's, aussi, au bal du régiment,
Et le propos' pour premièr' classe, — oui, v'là c'qu'i fait, I'tyran.
Le v'là promu à moins que rien, il est toujours dans l’rang ;
Et sa chambrée lui fait des nich's, pour voir comme il le prend,
Des nich's pour l'fair' marcher à fond, des tas d'vach'ries, en somme,
Mais il apprend à s'maîtriser, et à attendr' son homme.
Enfin, le v'là Sergent-Fourrier, —faut qu'on lui obéisse;
I'dress' ses homm's au jeu d'cricket, de mêm' qu'au bon service;
Eux, ils le voient vif, dégourdi, soigné dans ses dehors,
Et puis, il parle aux officiers, qui prenn'nt à cœur le Corps.
Apprend à observer les homm's sans l'montrer tout au long,
Apprend à r'pêcher une andouille, et à la r'mettr' d'aplomb,
Apprend à coincer l'flibustier qui tire au flanc, I'salaud,
Apprend à s'faire aimer des homm's, qui aim'ront leur boulot.
Et quand i's'agira d'marcher, passe un' revue d'chaussettes,
Et quand i's'agira d'combattr', fait voir comme on s'y prête;
T'connaît leurs façons d'penser, où leur esprit s'égare,
I'sait c'qu'ï's pourront encaisser, et quand i's en ont marre.
T'onnait l'eaporal bavard qui fourvoie son escouade;
I'sent frémir trip's et boyaux, son cœur battr' la chamade ;
I'voit les fac's tout's blanch's et bleues, qu'essay'nt de grimacer
Mais reste à souffrir en patienc' jusqu'au moment d'marcher.
Et v'là les sal's punais's de ball's qui claq'nt dans la poussière;
Personn' ne veut les affronter, — mais l'faut, sans plus d'manières;
Alors, comm' des homms' enchaînés, qui vont, fort mécontents,
On les avanc' par compagnies, tout's raid's, et bien lent'ment.
Des cinq ans d'class's qu'il leur a fait's, i's s'rappell'nt peu sans faute,
Sinon qu'i n'faut pas battre en r'trait', mais rester côte à côte ;
On dirait qu' c'est des l'çons perdues: i's saut'nt, i's baiss’nt le cou, —
Mais s'il les avait pas instruits, i's s'déband'raient partout.
Et puis, c'est « Qui recul', maint'nant? », et puis, c’est « Allez-y! »
C'est « Qu'on appell' les brancardiers » ... le Capitain', - fini ;
Tout n'est que meurtre sanguinair', mais ils entend'nt tout I'temps
Sa voix, tout comme à la casern', qui fait serrer les rangs.
Il a les foies, tout autant qu'eux, son cœur éclate et point ;
Mais il les r'mue, les r'mue, les r'mue, —tant qu'il les sente à point;
Le rest' tient bon sur le terrain; puis c'est l'clairon qui bout, —
Et il les fouett', les fouett', les fouett’,— la charge emporte tout!
L'païen, au fond d'son ignorance, ador' la pierre et l’bois ;
I'n'obéit à aucun ordr', sauf quand i's'dit: « C'est moi ».
L'païen, au fond d'son ignoranc', n'boug' pas, — i’manq’d'étoffe,
Mais l'armatur' de tout' l'Armée, 'y a pas, c'est bien l’Sous-Off !
Déjais-toi bien de tout' la crasse, et d'tout fonds d'animal,
Ne va pas fair' les chos's à d'mi, et tout fair' tant bien qu’mal !
Assez, d'ta manie d'abby-nay, de kul, et d'hazar-ho;
Tiens ton fusil en bon état, et toi aussi, tout d' go!
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The ‘Eathen
1
THE 'eathen in 'is blindness bows down to wood an' stone;
'E don't obey no orders unless they is ‘is own;
'E keeps 'is side-arms awful: 'e leaves 'em all about,
An' then comes up the Regiment an' pokes the 'eathen out.
2
All along o' dirtiness, all along o' mess
All along o' doin' things rather-more-or-less
All along of abby-nay, kul an' hazar-ho,
Mind you keep your rifle an' yourself jus' so!
3
The young recruit is 'aughty - 'e draf's from Gawd knows where;
They bid 'im show 'is stockin's an' lay 'is mattress square;
‘E calls it bloomin' nonsense - 'e doesn't know no more -
An' then up comes 'is Company an kicks 'im round the floor!
4
The young recruit is 'ammered - 'e takes it very hard;
'E 'angs 'is 'ead an' mutters - 'e sulks about the yard;
'E talks o' "cruel tyrants" which 'e'll swing for by-an-by,
An' the others 'ears an' mocks 'im, an' the boy goes orf to cry.
5
The young recruit is silly - 'e thinks o' suicide.
‘Es lost 'is gutter-devil; 'e 'asn't got 'is pride;
But day by day they kicks 'im, which 'elps 'im on a bit,
Till 'e finds 'isself one mornin' with a full an' proper kit.
6
Gettin' clear o’ dirtiness, gettin' done with mess,
Gettin' shut o' doin' things rather-more-or-less;
Not so fond of abby-nay, kul, nor hazar-ho
Learns to keep 'is rifle 'an 'isself jus' so!
7
The young recruit is 'appy - 'e throws a chest to suit;
You see 'im grow mustaches; you 'ear 'im slap 'is boot.
'E learns to drop the "bloodies" from every word ‘e slings
An' 'e shows an 'ealthy brisket when 'e strips for bars an' rings.
8
The cruel-tyrant-sergeants they watch 'im 'arf a year;
They watch 'im with 'is comrades, they watch 'im with 'is beer;
They watch 'im with the women at the regimental dance,
And the cruel-tyrant-sergeants send 'is name along for Lance.
9
An' now 'e's 'arf o' nothin', an' all a private yet,
‘Is room they up an' rags 'im to see what they will get.
They rags 'im low an' cunnin', each dirty trick they can,
But 'e learns to sweat 'is temper an' 'e learns to sweat 'is man.
10
An', last, a Colour-Sergeant, as such to be obeyed,
'E schools 'is men at cricket, 'e tells 'em on parade;
They sees 'im quick an' 'andy, uncommon set an' smart,
An' so 'e talks to orficers which 'ave the Core at 'eart.
11
'E learns to do 'is watchin' without it showin' plain;
'E learns to save a dummy, an' shove 'im straight again;
'E learns to check a ranker that's buyin' leave to shirk;
An' 'e learns to make men like 'im so they'll learn to like their work.
12
An' when it comes to marchin' he'll see their socks are right,
An' when it comes to action 'e shows 'em how to sight.
'E knows their ways of thinkin' and just what's in their mind.
'E knows when they are takin' on, an' when they've fell be'ind.
13
'E knows each talkin' corp'ral that leads a squad astray;
'E feels 'is innards 'eavin', 'is bowels givin' way;
'E sees the blue-white faces all tryin' 'ard to grin,
An' 'e stands an' waits an' suffers till it's time to cap 'em in.
14
An' now the hugly bullets come peckin' through the dust,
An' no one wants to face 'em, but every beggar must;
So, like a man in irons, which isn't glad to go,
They moves 'em off by companies uncommon stiff an' slow.
15
Of all 'is five years' schoolin' they don't remember much
Excep' the not retreatin', the step an' keepin' touch.
It looks like teachin' wasted when they duck an' spread an' 'op -
But if 'e 'adn't learned 'em they'd be all about the shop.
16
An' now it's "'Oo goes backward?" an' now it's "'Oo comes on?"
An’ now it's "Get the doolies," an' now the Captain's gone;
An' now it's bloody murder, but all the while they 'ear
'Is voice, the same as barrick-drill, a-shepherdin' the rear.
17
E's just as sick as they are, 'is 'eart is like to split,
But 'e works 'em, works 'em, works 'em till he feels 'em take the bit;
The rest is 'oldin' steady till the watchful bugles play,
An' 'e lifts 'em, lifts 'em, lifts 'em through the charge that wins the day!
18
The 'eathen in 'is blindness bows down to wood an' stone;
'E don't obey no orders unless they is 'is own.
The 'eathen in 'is blindness must end where 'e began,
But the backbone of the Army is the Non-commissioned Man!
19
Keep away from dirtiness - keep away from mess,
Don't get into doin' things rather-more-or-less
Let's ha' done with abby-nay, kul, and hazar-ho;
Mind you keep your rifle an' yourself jus' so!
abby nay Not Now
kul Tomorrow
hazar-ho Wait a bit
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