F.3. Fair Mistress

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                                  Belle Maitresse (1884)

Lettre poème jamais publiée par Kipling
Adressé à Miss Coxen, supposé être écrit par le poney de Kipling, Joe. Le cadeau suggéré est une cravache ou un fouet, qui accompagnait sans doute la lettre.


Traduction :sauf erreur ce poème n’a jamais été traduit en français.

Experto crede <latin : croire l’expert.
Syce : anglais colonial : palefrenier.
« tats » : petits chevaux robustes et rustiques.
« Galopiez » les guillemets marquent la difficulté à traduire « bucketted » argot équestre pour une allure rapide mais secouée, cahotante
.

Belle Maîtresse,
Belle Maîtresse
À mon grand regret,
J'apprends que vous quittez Lahore demain.
Imaginez mon chagrin (Experto crede)
J'ai déjà détruit la charrette de mon maître—
J'ai mordu mon syce. Maigre consolation,
Face à votre départ imminent !
Et, dans mon box, je pense avec fureur
Aux « tats » chanceux de la lointaine Mussoorie.
Bêtes trois fois heureuses, qui avez le pouvoir
De vous emmener vers la fraîche Landour.
Mais, de peur que leur sort ne soit trop agréable,
Acceptez, je vous prie, mon petit présent.
N’hésitez pas à vous en servir quand ils paresseront
(Comme je me suis dérobé) à leur travail quotidien.
Leurs manières vous rappelleront peut-être
quelques souvenirs de vos promenades sur mon dos :—
Vos galops du soir sur la morne et
blanche route qui mène à Mian Mir,
Quand, chapeau à la main, rênes relâchées,
vous « galopiez » à toute allure dans la plaine —
Souvenez-toi, si un poney se cabre,
Ne lui donne pas de coup de cravache sur les oreilles ;
Et quand il fait un écart (comme j’en ai fait moi-même),
Un bon coup de cravache sur le flanc
Le maintiendra droit — Ainsi je signe,
Moi-même, tant que je peux aller, du talon au licol, votre
« Old Joe »



Fair Mistress, to my Lasting Sorrow

Fair Mistress,
To my lasting sorrow,
I learn you leave Lahore tomorrow.
Conceive my grief (Experto crede)
I've smashed my master's cart already—
I've bit my syce. Poor consolation,
For your approaching emigration!
And, in my stall, I think with fury
Of lucky 'tats' in far Mussoorie.
Thrice happy beasts, who have the power
To bear you out to cool Landour.
But, lest their lot should be too pleasant,
Accept, I pray, my little present.
Spare not to use it when they shirk
(As I have shirked) their daily work
Their ways shall bring you back, may be,
Some memories of your rides on me:—
Your evening canters down the drear,
White road that leads to Mian Mir,
When, hat in hand, with loosened rein,
You 'bucketted' along the plain—
Remember, if a pony rears,
Don't bring the butt down on his ears;
And when he shies (as I have shied),
A stiff 'rib-bender' on his side
Will keep him straight—These few last lines
End up my letter—So I signs
Myself, as long as I can go, From heel to headstall, Yours,
'Old Joe'

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