Au Printemps (1885)
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Poème inspiré de Robert Browning, poète admiré par Kipling et qu’il a plusieurs fois repris, soit dans les thèmes, soit dans la forme. Plus particulièrement ici Home Thoughts from Abroad qui décrit les sentiments d’un Anglais exilé.
Traduction : Sauf erreur le poème n'a pas été traduit en français.
Le narrateur contemple son jardin indien en pensant à l'Angleterre
Köil : oiseau : Indian cuckoo : coucou dont le chant peut évoquer le glas funèbre
Siris : arbre du genre Acacia
Sat`Bhai : espèce d’oiseau du genre étourneau
Au Printemps
Mon jardin resplendit de roses et de pêchers,
Et le köil chante au-dessus, dans les siris près du puits,
Du treillis recouvert de lianes s’élève le bavardage de l’écureuil,
Et le geai bleu crie et vole en flèche là où résident les joyeux sat-bhai.
Mais la rose a perdu son parfum, et le chant du köil me semble étrange ;
Je suis las de ce soleil sans fin, las de ces branches alourdies par les fleurs.
Rendez-moi ces bois sans feuilles que parcourent les vents du Printemps —
Rendez-moi un jour en Angleterre, car c’est le Printemps en Angleterre maintenant !
À travers les pins, les rafales grondent, soufflant leur froid sur les champs bruns,
Du sillon tracé par le soc de la charrue s’échappe le parfum de la terre fertile,
Et le faucon niche à flanc de falaise, le choucas dans la colline,
Et mon cœur est de retour en Angleterre, parmi les images et des sons de mon Foyer.
Mais cette guirlande du sacrifice, cette abondance de roses et de pêches est
Ah ! köil, petit köil, chantant sur la branche du siris,
À mes oreilles, ton chant incessant, semblable à une cloche, est le glas de l’exil —
Peux-tu me dire quelque chose de l’Angleterre ou du Printemps en Angleterre en ce moment ?
In Springtime
My garden blazes brightly with the rose-bush and the peach,
And the köil sings above it, in the siris by the well,
From the creeper-covered trellis comes the squirrel’s chattering speech,
And the blue jay screams and flutters where the cheery sat-bhai dwell.
But the rose has lost its fragrance, and the köil’s note is strange;
I am sick of endless sunshine, sick of blossom-burdened bough.
Give me back the leafless woodlands where the winds of Springtime range—
Give me back one day in England, for it’s Spring in England now!
Through the pines the gusts are booming, o’er the brown fields blowing chill,
From the furrow of the ploughshare streams the fragrance of the loam,
And the hawk nests on the cliffside and the jackdaw in the hill,
And my heart is back in England ’mid the sights and sounds of Home.
But the garland of the sacrifice this wealth of rose and peach is,
Ah! köil, little köil, singing on the siris bough,
In my ears the knell of exile your ceaseless bell like speech is—
Can you tell me aught of England or of Spring in England now?
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